Mardi 26 mai 2009 2 26 /05 /Mai /2009 06:18
Elle s'appelle Laurie. Elle me parle toujours d'une manière gênée et d'une voix à peine audible. Elle ne demande mon aide que lorsqu'aucune autre alternative ne se présente à elle. Chaque fois que je me mets en face d'elle pour lui expliquer quelque chose, elle rougit. En deux mots, je crois que j'ai la côte ! Laurie n'est pas ce qu'on peut appeler une jolie fille. Surpoids, acnée mal soignée, des lunettes et une frange qui empêchent véritablement de bien voir son visage, des vêtements amples qui ne renseignent pas du tout sur ses formes. Elle n'a que des copines, je ne la vois jamais parler avec des garçons. Elle a l'air de ne pas se trouver assez jolie pour aller leur parler.

Comme je le disais récemment ici ou ici, chaque fois qu'une fille me fait les yeux doux pour quelque raison que ce soit, c'est toujours une très jolie fille. Les jolies filles savent souvent qu'elles sont jolies, et savent également que c'est un moyen de persuasion. Depuis leur jeune âge, un simple sourire a parfois convaincu papa de pas les gronder, un simple sourire leur a permis de se faire des amis garçons qui ont pu servir leur intérêt, leur physique a toujours été une arme. Aussi, elles n'hésitent pas à s'en servir quand ça les arrange, et qui pourrait leur en vouloir. Chacun doit se battre avec les armes dont il dispose. Une jeune fille rompue à l'art de la séduction sait très bien que si elle joue finement elle a tout à gagner. Pour ce qui est de la relation étudiant / enseignant, c'est la même chose. Un sourire à un professeur ne coûte absolument rien, pas plus qu'un peu de "rentre-dedans". Si cela est fait innocemment personne ne pourra le reprocher. Et au pire, elles peuvent penser que si l'enseignant se fait séduire, ça peut peut-être rapporter un point ou deux. On pense gagner d'un côté, on ne perd rien de l'autre, pourquoi s'en priver ?

J'ai vu un film il y a une quinzaine d'année, il me semble que c'était un Stephen Frears (si qqu'un se souvient du titre merci de me le laisser en commentaire), ou deux types discutent dans un bar sur l'intelligence des femmes. L'argument est que les jolies filles sont nécessairement moins intelligentes que les autres. Avec un langage assez rustre (on est accoudé au comptoir) l'idée développée est que depuis petites les jolies ont eu moins d'efforts intellectuels à faire car elles ont souvent tout obtenu par leur beauté, alors que les autres ont toujours du se battre et faire preuve d'intelligence pour obtenir ce qu'elles voulaient. C'est une scène assez comique dans mon souvenir, mais c'est à revoir. Ce qui paraît évident dans la culture populaire, c'est que la beauté (réelle ou perçue) joue sur le caractère et la confiance en soi. Dans un autre film (l'amour extra-large) les deux héros ont une discussion sur le sujet :
" Je n'aurai jamais cru qu'une fille aussi belle puisse posséder une telle personnalité...
- C'est surement un ex vilain canard.
- Quoi ?
- Elle a pas dû être très belle avant le secondaire. Donc sa personnalité a dû se développer par nécessité, c'est une loi de l'évolution !
- Tu sais quoi ? C'est pas con du tout ta théorie, elle est bien trop mignonne pour être aussi gentille !
- Ben en plus, parfois elles sont laides si longtemps qu'elles ne se rendent pas compte qu'elles sont devenues jolies. C'est que l'idée visuelle de la fille moche est gravée très fort en elle. Ta copine est une vraie perle !"

A l'université, la théorie de nos deux compères trouve peut-être à s'appliquer. Ce que je remarque, c'est que dans les filières sélectives, plus on monte vers le haut (M2) et plus on a de jolies filles. Toutes belles et intelligentes ?  Certes. Je ne dis pas qu'elles ne sont pas intelligentes. Mais pourquoi serait-ce aussi systématique ? Et surtout, alors qu'on nous bassine que l'obésité guette nos jeunes, dans les M2 qui ont un bon taux de placement en entreprise (donc les plus demandés) on a quasiment aucune fille qui soit clairement en surpoids. Pourquoi ?

Ce que je vais dire n'engage que moi et se base surtout sur l'observation des quelques milliers d'étudiants que j'ai vu passer en quelques années. Il faut relativiser, mais profitons pour lancer le débat et si vous aussi êtes à l'université, n'hésitez pas à me dire si la situation est la même dans vos promotions. Bien entendu, je ne parle que des extrêmes (les très jolies, et à l'autre bout, les moins jolies ou du moins qui le pensent), la plupart des étudiantes ne sont pas concernées par ce qui va suivre. Je ne parle que des filles, mais bien entendu ceci est vrai pour les garcons. Mais le fait que je suis moi-même un homme entraine que la relation de séduction qui peut apparaitre soit généralement à l'initiative des filles. Si j'avais été une femme, j'aurai pu attaquer les lignes qui suivent en parlant des garçons.

Alors bien entendu, on va pouvoir dire qu'une personne qui n'arrive pas à se discipliner pour maigrir, n'a peut-être pas la discipline pour réussir ses études. Je crois hélas que c'est plus compliqué. Si je prends l'exemple de Laurie et le contre-exemple de Pauline, Laurie n'ose pas m'appeler quand elle a un problème, elle préfère demander à ses amies car toute interaction avec une personne du sexe opposé la met mal à l'aise. Elle est timide, elle complexe, elle n'ose pas. Pauline, elle, n'hésite pas, au moindre souci, elle s'arme de son beau sourire et me demande ou demande à quelqu'un qui sait (garçon ou fille). Elle est naturellement portée vers l'interaction sociale. Dans ce cas, le film dont je parlais plus haut trouve ici son application. Depuis toujours, que ce soit à l'école, en boite de nuit, dans la rue, les interactions répétées ont formé cette jeune fille qui se trouve vraiment à l'aise dans cette situation et sait en tirer partie. Laurie, elle, n'aura que les explications de ses copines proches.

Deuxième phénomène. Le travail de groupe. Dès la licence, dans les filières professionnelles il y a beaucoup de travail en groupe. L'entreprise est un lieu social, il est normal que ce paramètre entre dans la formation. Du coup, pendant trois ans (L3, M1, et M2) les étudiants ont des notes sur des projets qu'ils rendent en équipe. Pauline n'a aucun souci pour trouver un groupe, et changer de groupe régulièrement. Ceci va lui permettre d'affiner sa maitrise des interactions sociales en brassant un maximum de personnalités différentes et en étant confronté à des situations différentes, des idées différentes à chaque fois. Laurie, elle, si on ne l'oblige pas formellement, reste toujours avec son noyau de copines. Elles ne sont pas bêtes, elles font du bon travail, mais on voit bien qu'elles ne sont pas bien préparées à affronter beaucoup de situations. Elles se connaissent par coeur, elles ont une façon de travailler quasi automatisée, avec une répartition des tâches qui est quasi toujours la même. Au fil des années, les notes qu'elles obtiennent sont moins bonnes que les autres.

A l'oral c'est la même chose. Imaginez le calvaire que peut être une présentation de 15mn devant un groupe de TD de 25 personnes pour une fille qui a du mal à adresser la parole à un garcon. Inversement une jolie fille est moins stressée. Dans le premier cas, on a une étudiante dont la voix tremble et qui gère tellement son stress que le contenu est parfois mis au second plan car tout le monde est focalisé sur les mimiques de stress. Dans le second cas, l'aisance et le physique sont mis au service du discours. C'est le principe de la force de vente dans le marketing. C'est toujours agréable quand je vais chez le médecin et que dans la salle d'attente il y a une commerciale de labo qui attend son tour pour vendre ses produits au médecin. On parle des CV anonymes dans le futur, j'ai du mal à croire que dans les fonctions commerciales on puisse se résigner à cela. Ceci sera d'ailleurs mon dernier point.

Nombreux sont les métiers qui demandent de bonnes capacités sociales. Une ouverture vers les autres, une capacité à séduire. Il est alors probable que les jolies filles aient ici aussi un avantage. Leur physique dans ce contexte apparait comme une compétence. Je me doute que certains en train de lire ce texte sont en train de s'offusquer et je les comprends. Mais qu'ils aillent faire un tour chez Abercrombie & Fitch par exemple (puisque cette marque assume pleinement ses critères d'embauche), et qu'ils se demandent ce qui a guidé le choix de l'embauche du personnel. Alors bien sûr il n'y a pas que ça dans la vie, on peut trouver plein de travail par ailleurs. Mais cela n'empeche que dans la masse des emplois disponibles, tous ceux qui sont basés sur le physique sont autant d'opportunités offertes en plus à ceux et celles qui ont un physique agréable. Ceci peut jouer dès la sélection dans les filières d'études A notes égales, on préfèrera prendre l'étudiant(e) qui a les meilleures appréciations (étudiante agréable, participe activement, etc). Les complexées auront ainsi moins de chance d'intégrer des filières sélectives. En outre, un(e) étudiant(e) ouvert(e) socialement aura plus de chance de trouver rapidement un emploi et ainsi grossir les statistiques de placement des étudiants (et ainsi augmenter la qualité du diplome). A lire : Armadieu J.-F. (2005), Le poids des apparences: Beauté, amour et gloire, Odile Jacob.

Si vous vous dites qu'il vaut mieux être un garçon, rendez vous au prochain billet...
Par Mr le prof - Publié dans : Les cours et les étudiants
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Commentaires

Pas trop d'accord sur la proportion de jolie fille.
Il est clair que dans les sections où j'enseigne, il y a de jolies filles en L1 et les filles sont majoritaires.
En M1, ce n'est plus trop le cas. Parité et les filles qui restent ne sont pas les plus jolies.
J'enseigne la physique/chimie.
Commentaire n°1 posté par Fab le 26/05/2009 à 08h13
Tout à fait ! je pense que le discours est complètement à modérer selon les disciplines et que je m'attends assez peu à ce que ce discours trouve des échos en génie mécanique par exemple. Peut-être que les sciences sociales seront plus touchées. Je ne parle que de mon expérience, basée sur ce que je peux observer dans les promotions où j'interviens. En outre, comme je le disais, ce dont je parle est particulièrement vrai dans pour les masters offrant le plus de débouchés (en particulier sur les postes de cadre où la dimension sociale est très pregnante)  et donc les plus demandés. Il y a peut-être une comparaison à faire sur ce critère. Mon discours ne se veut pas général, c'est juste une reflexion personnelle sur mes étudiants. Si on voulait vraiment en faire une généralité il faudrait évaluer objectivement le physique des étudiants de plusieurs formations et voir quels critères permettent le mieux d'expliquer la proportion de physiques agréables dans les promotions.
Réponse de Mr le prof le 26/05/2009 à 08h26
Pour contribuer au débat auquel vous nous invitez...
Je me suis également souvent posée cette question. Je ne suis pas sûre que ce soit réellement une question de physique, ou de discipline. Dans mon parcours j'ai croisé des étudiantes au physique "pas particulièrement agréable" mais sûres d'elles. Et je pense que c'est surtout cela qui importe. L'assurance, la confiance en soi, ça ne se décrète pas en quelques années de fac, d'autant plus dans les filières hautement compétitives. Ca se travaille, se construit. Certes, un déclic peut avoir lieu. La confiance en soi s'acquiert en partie à partir du moment où l'on sent avoir acquis la confiance et l'attention des autres. Des enseignants particulièrement, dans le cadre universitaire. Et les enseignants prêtent souvent plus facilement attention aux jolies filles qu'aux autres, qui se sentent ainsi plutôt transparentes !
J'ai un regard sur le problème bien différent maintenant, depuis que j'enseigne, qu'auparavant, alors que j'étais plutôt introvertie et peut être un peu transparente moi aussi !
Commentaire n°2 posté par Sabam le 26/05/2009 à 14h04
Je suis d'accord avec vous sur cette notion de confiance en soi, qui est à rapprocher de la beauté perçue. C'est d'ailleurs pour cela que j'avais précisé "les moins jolies, ou du moins qui le pensent", je l'ai souligné du coup... Ca me fait penser (encore une citation hautement intellectuelle mais un film que j'adore sur le thème de la beauté et des apparences) à l'amour extra-large, le film des frères Farelly. J'ai ajouté le dialogue dans le billet.
Réponse de Mr le prof le 26/05/2009 à 19h47
Bonjour, et tout d'abord bravo pour votre blog, que je visite régulièrement depuis peu avec beaucoup de plaisir (je vous ai d'ailleurs mis en lien sur le mien). Je suis en L3 de lettres classiques, et ce qui m'a frappée en arrivant à la fac (j'ai fait 2 ans de prépa auparavant), c'est le véritable défilé de mode qui se déroule tous les jours ! Les filles sont très majoritaires en lettres (avec les lettres modernes nous sommes environ 90 dans ma fac, et il doit y avoir 4 garçons...). Bien sûr, il y en a beaucoup qui sont "normales", quelques unes sont désavantagées par la nature, mais vraiment peu par rapport au "monde extérieur" si je peux m'exprimer ainsi. Enfin, il y en a énormément qui sont à la pointe de la mode, qui s'habillent de façon très féminine voire sexy. J'ai par ailleurs remarqué que beaucoup d'entre elles sont très consciencieuses, très "scolaires". Il me semble parfois que leurs connaissances sont aussi superficielles que leur allure(puisqu'elles apprennent par coeur les cours des profs). Au final, ça a plutôt l'air de leur réussir...
Commentaire n°3 posté par Mademoisill le 26/05/2009 à 15h26
Tout d'abord merci pour votre lien ! Ensuite par rapport à vos remarques, effectivement dans ce billet je ne parle que des extrêmes. Celles qui ont (peut-être) excessivement confiance en leur pouvoir de séduction et celles qui ont au contraire un complexe tel qu'elles sont gênées dans leurs interactions sociales. Comme l'a remarqué "sabam" dans le commentaire plus haut, le rôle de l'enseignant est sensible dans cette relation. Il est tout à fait important que l'enseignant parvienne à garder son objectivité. C'est un vrai travail que de laisser de coté son côté humain pour n'être dirigé que par sa fonction. C'est pourtant le rôle du fonctionnaire dans toute sa beauté. La machine à éduquer. C'est pas tous les jours facile comme le note BBK.mel sur son blog (voir son billet ici)
Réponse de Mr le prof le 26/05/2009 à 20h16
Tout à fait en accord avec votre article. Des choses sont peut ^-être exagérées au premier abord, mais en fait, non, pas tant que cela finalement. Par contre il y a une compétence dotn vous n'avez pas parlé: Les "moches" ont un plus grand sens del'humour, car il y a deux sortes de moches. Celles qui ne s'assument pas et se croient plus nulles que la moyenne, et celles qui malgré leur mochitude décident d'avoir une vie sociale ( certes bien plus restreinte que celle des "jolies" mais quand même ! ) et se mettent donc à se créer une personnalité. Une vraiepersonnalité, qui leur est propre.
:)
Voilà pour ma petite remarque.

A bientôt :)
Commentaire n°4 posté par Adrienne ( Mamzell Dry ) le 27/05/2009 à 12h26
C'est exagéré dans la mesure où l'on parle de personnes qui ne représentent vraiment pas une majorité (mais c'est pareil avec la violence à l'école). Mais par rapport à votre remarque, tout à fait, le physique (et sa perception par la personne concernée et également par son entourage) a clairement un impact sur le développement de la personnalité.
Réponse de Mr le prof le 28/05/2009 à 10h43
Cher Prof,
Je croyais que les profs ayant un blog n'enseignaient que peu les sciences exactes.
Je suis agréablement surpris (je t'ai lu chez BBK).
Je n'ai rien à voir avec le monde de l'enseignement...
Mais dans l'industrie aussi, être vêtu correctement (je ne parle pas de beauté) est un atout, tant pour les hommes que pour les femmes. Quand on rencontre une personne débraillée, on a automatiquement une mauvaise opinion à son sujet et il faut longtemps pour faire disparaître cette impression (peut-être injustifiée).
Une autre chose dont tu n'as pas parlé (et qui est encore plus essentielle que la présentation), est la façon d'écrire. Une lettre mal rédigée (syntaxe, orthographe, langage SMS...) est rarement lue attentivement.
C'est d'ailleurs pour cela que je visite les blogs d'enseignants: question de probabilités de mauvaises rencontres!
Pour que tu puisses me situer, j'ai été indépendant dans un domaine assez "pointu" (l'optique diffractive) et y ai côtoyé des étudiants. À l'époque, la reconnaissance optique des formes, les HOE's, la NDT et autres hologrammes étaient des curiosités. Je ne désire pas être reconnu, c'est pourquoi je ne serai pas plus explicite.
Amitiés
P.S. Je t'ai mis en "RSS". J'espère que tu m'apprécieras, malgré mon grand âge!
Commentaire n°5 posté par Armand le 28/05/2009 à 08h15
Merci pour les encouragements. Pour la discrimination à l'embauche, je réponds plus bas dans votre autre commentaire. Le langage SMS je vais y revenir très prochainement dans un billet sur la sélection des étudiants (j'espere pouvoir le rédiger pour samedi).
Réponse de Mr le prof le 28/05/2009 à 10h03
J'avais fait un post, un digest d'un article paru dans le J des Psys, sur les différences de recrutement selon l'apparence, si ça vous tente
http://www.hesed.info/article-19444284.html
cad ce qu'il se passe après la fac :-)
En même temps, passer les étapes d'un cursus en fac (ou autre) suppose des oraux (en sus de cete confiance en soi qu'on peut montrer/utiliser en cours/td) donc la présence du physique et de l'habitus.
Par ailleurs, dans notre civilisation qui valorise la sexiness des filles, et de plus en plus ces dernières années, ça tombe sous le sens que celles qui le peuvent et ont un cadre moral suffisamment élastique pour, s'en servent.
Ce qu'on peut regretter c'est justement que ça devienne une norme de fonctionnement pour elles et que donc ça clive un groupe (le groupe des femmes)avec la bénédiction du système social.
Et le jour où leur sexiness ne jouera plus...ces filles se prendront une monumentale claque.
Commentaire n°6 posté par mebahel le 28/05/2009 à 08h16
Tout à fait, je pense que ceci est le sujet du bouquin de JF Amadieu. Il y a d'ailleurs pas mal d'autres ouvrages sur le sujet de la discrimination à l'embauche par la beauté ou l'apparence physique (le look) et également des recherches (voir par exemple les travaux d'Hélène Garner-Moyer). Il y a eu aussi il y a un petit moment (2005) un numéro spécial de la revue de vulgarisation "Sciences Humaines" qui s'appelait "Les lois de la beauté".
Réponse de Mr le prof le 28/05/2009 à 10h02
Ha et au sujet de la différence de proportion de filles selon les filières: les tâches/métiers/études sont genrés, donc...
Commentaire n°7 posté par mebahel le 28/05/2009 à 08h18
Complètement. Je n'ai jamais reçu chez moi de plombier femme et inversement on voit de moins en moins d'hommes au guichet des banques... De ce fait les formations qui sont inhérentes aux métiers plutôt masculins vont avoir du mal à se retrouver dans ce billet.
Réponse de Mr le prof le 28/05/2009 à 09h53
Le problème avec votre théorie c’est qu’elle part du principe que les profs aident les étudiants. Hors pour ce qui est du parcours recherche les étudiants qui arrivent à aller jusqu’au M2 et au-delà sont ceux qui ont réussi à travailler totalement seul sans aucune aide. Y a t il alors quelque chose à voir avec le physique ?...
Commentaire n°8 posté par M le 28/05/2009 à 10h24
Il ne me semble pas avoir parlé d'aide quelque part dans ce billet. Je parle d'évaluation. Et l'évaluation concerne tout le monde, les M2 pro comme les M2 recherche.
Réponse de Mr le prof le 28/05/2009 à 10h38
Le deuxième paragraphe est un modèle de synthèse sur la question, il y a tout en quelques mots, bravo !

Ce qui m'avait frappé (pour notre sujet) dans l'ouvrage de JF Amadieu, c'était l'exemple qu'il donnait au sujet de la bienveillance des enseignants en matière de notation vis-à-vis des jolies filles. En gros, on ne surnote pas forcément une jolie fille, mais on est beaucoup plus indulgent avec elle. L'étude sur laquelle il s'appuyait datait du début des années 1970 (je dis ça de tête), mais elle semble encore valable – en tout cas, elle m'a questionné sur mes propres pratiques, et j'essaie depuis lors d'être plus attentif...

Je m'étais demandé ce qu'il en était en ce qui concerne les garçons : la féminisation du corps enseignant a-t-elle eu une incidence en cette matière ? Les enseignantEs sont-elles aussi sensibles au charme de l'autre sexe que leurs collègues masculins, et, surtout, cette sensibilité se ressent-elle dans leur notation ? Les beaux garçons (qui se considèrent comme tels) mettent-ils en œuvre des processus de séduction de leurs enseignantEs ? Inversement, comment les enseignantEs considèrent-elles les jolies filles ? Leur apparence personnelle joue-t-elle un rôle (pour faire court : comment une enseignante au physique désavantageux percevra-t-elle une jolie fille ? Cette perception aura-t-elle une conséquence sur la notation ? La jolie fille mettra-t-elle en œuvre une stratégie différente pour obtenir ce qu'elle souhaite ?) ? Si des études existent sur ces questions, je suis tout ouïe ! ;-) Et je suis dans l'attente du prochain billet (comme d'habitude).
Commentaire n°9 posté par John le 28/05/2009 à 17h20
Je pense que comme vous le suggérez il faudrait clairement avoir recours à des études. Mon sentiment est que la situation est un peu différente avec les enseignantEs et les étudiants. Les étudiants ont une façon de draguer souvent bien moins fines J'ai une collègue au physique assez agréable, quand elle entre dans un amphi en général, ça siffle un peu. Du coup elle peut carrément plus mettre de jupe courte sinon c'est trop bruyant (je pense qu'elle a quelques souci d'autorité quand même). C'est rien de méchant, c'est bien masculin, mais j'ai pas l'impression que cela aille plus loin. J'imagine mal des filles faire pareil quand un beau prof entre en amphi. Dans l'autre sens, je pense que les enseignantes peuvent à l'instar des enseignants etre peut être plus indulgents avec des garçons au physique agréable. Donc tout le monde se doit d'être vigilant, et pour les partiels, on va dire que l'anonymat à du bon. Mais pour le contrôle continu... En outre, la beauté de l'étudiant garçon ou sa confiance en lui aura les mêmes répercussions que pour les filles : facilité pour intégrer des groupes différents, aisance à l'oral, etc etc ce qui à l'arrivée joue sur la notation. Pour le prochain billet ce sera un mélange entre cette histoire de garçons vs filles sur et sur la sélection des étudiants.
Réponse de Mr le prof le 28/05/2009 à 17h58
Superbes observations et très belle analyse. J'ai pris plaisir à lire cet article.
J'en vient à me poser une question. Y'a-t-il corélation entre pouvoir de la beauté et peur de vieillir. En effet, dans notre société, le vieillissement des femmes semblent plus porteur (au niveau marketing, publicitaire de produit permettant jeunesse retrouvée) que celui des hommes. En cela, le vieillissement diminue le capitale séduction. En écrivant cela, je donne l'impression que seule les femmes bénéficient de cet effet séduction. Il doit surement en être autant pour les hommes, mais ça semble moins marqué et surtout moins de réflexions y sont consacrées

++. Michel
Commentaire n°10 posté par Michel le 30/05/2009 à 04h03
La beauté féminine est-elle donc@club.fr l'expression même d'une intelligence sociale aiguë?Compréhension des normes et des codes, capacité d'adaptation, désir de plaire, etc. Etre née dans une classe sociale aisée est un atout essentiel pour cette conformité. A moins que d'être intelligentes nous rende belles...
J'ai envie de jeter un pavé dans votre douce mare: les femmes en Lettres et Sciences humaines sont les plus belles de notre campus
Commentaire n°11 posté par Paddy Clark le 11/06/2009 à 14h38
On peu aussi jetter un oeil du coté du gouvernement italien^^.
Commentaire n°12 posté par joe le balafré le 11/06/2009 à 17h34
Une trés jolie fille est aussi confronté tres tot à etre le centre de l'attention des hommes qui ne voit en elle qu'un objet, utilisée et réeutilisée pour servir à assouvir un égo, elle va aussi de deception en deception et peut en venir à detester ce corp si parfait qui fait barrage à sa personnalité, delà peut naitre une perte d'estime de soi, une dépression, une perte de sens et donc une perte de confiance en soi... surtout si on est trés jolie, intelligente et hypersensible... à méditer
Commentaire n°13 posté par Une tres jolie fille le 17/06/2009 à 18h02
Vous soulignez un élément important qui je le pense est plus rare à l'université mais que je perçois comme commun dans le monde du travail. Combien de fois ai-je entendu dire d'une tres belle femme que si elle était à tel poste, c'était probablement parce qu'elle avait couché ! Vous avez raison de rappeler ce fait qu'on refuse parfois aux belles filles la possibilité d'être intelligente. Si je reprends le dialogue que je cite dans l'amour extra-large, la jolie fille intelligente, ne peut l'etre que si elle a été moche dans sa jeunesse. Je concois ensuite completement que la jolie fille en question peut en venir à ne plus apprécier son apparence si elle sent qu'elle est avant tout considérée en conséquence et pas sur autre chose. C'est un autre sujet, mais je me suis souvent dit que c'était souvent pour cela que les jolies filles étaient avec de très beaux garcons. Pour éviter ce barrage dont vous parlez, et éviter que l'homme ne voit en elle qu'un objet destiné à servir leur ego. Ceci dit, je pense que chacun est "utilisé" par son partenaire d'une manière ou d'une autre : être avec une belle personne (pour les mêmes raisons qu'on s'achete une voiture de sport rouge !), être avec une personne intelligente qui brillera en société et qui concevra peut être une descendance brillante, être avec une personne riche, etc etc. Je pense qu'il faut assumer ses points "forts", ou saillants en tout cas. Ils font partie de votre personnalité, il faut arriver à les accepter afin d'en faire des avantages plutot que des handicaps. Mais bon... c'est peut-être pas sur ce blog qu'il faut parler de tout ca.
Réponse de Mr le prof le 17/06/2009 à 19h49
Amusant votre billet. Je suis une Mme Prof à la fac, et la séduction des étudiants de sexe masculin, j'y ai droit également. Oeillade complice, léger sourire au coin des lèvres, voix suaves et paroles limites sirupeuses. J'ai même eu droit aux fleurs pendant un cours ! Etaient-ce de beaux éphèbes ? Certains oui, d'autres non. Il en ressort que l'Art de la séduction semble être une arme pour la négociation des notes, tous sexes confondus.
Commentaire n°14 posté par Metok le 19/06/2009 à 10h42
En effet, certaines étudiantes savent (consciemment ou inconsciemment) utiliser leur séduction. Oh, je n'ai jamais rien vu de bien grave... des petites choses, comme obtenir que mon chargé de TD (un doctorant qui devait avoir 4 ans de plus qu'elles) soit à leurs petits soins quand leurs programmes ne fonctionnaient pas.
Commentaire n°15 posté par DM le 07/07/2009 à 21h49
En ce qui concerne les déléguées de laboratoires pharmaceutiques,mon expérience personnelle serait plutôt qu'une déléguée agréable à regarder sans plus, ou neutre - tout en étant soignée, serait-elle négligée que j'en serais sans doute vexé- est plus efficace qu'une top model. En effet, j'ai moins tendance à faire attention au discours d'une très jolie fille ( je laisse courir mes yeux et mon imagination) or c'est le côté rationnel du discours qui me convainc; si je perds le fil je ne suis pas emballé.
^^
Commentaire n°16 posté par Olivier le 08/07/2009 à 00h04
"Les étudiants ont une façon de draguer souvent bien moins fines J'ai une collègue au physique assez agréable, quand elle entre dans un amphi en général, ça siffle un peu"

Impressionnant.

Je n'ai pour ma part jamais entendu parler de tels comportements, même à l'égard de collègues séduisantes qui officient devant des classes masculines à 85%.
Commentaire n°17 posté par DM le 08/07/2009 à 08h06
Eh oui ! C'est du vécu ! Et ca lui arrive très souvent. Alors je pense qu'il y a un autre paramètre que le physique, c'est le comportement, ou l'autorité. Peut-être que les collègues féminines que vous avez ont plus d'autorité et arrivent davantage à se faire respecter en amphi. Ensuite j'imagine que la taille de l'amphi doit compter (dans le cas que je cite c'est 200 environ) et le niveau. Je sais que vous êtes à Polytechnique, peut-être que les étudiant sont plus sérieux que chez nous (ce qui serait envisageable vu le niveau de l'école) ?
Réponse de Mr le prof le 08/07/2009 à 08h17
Je pense en effet qu'il est inconcevable que ce genre de choses arrive à l'X, où les étudiants ont une certaine discipline (sans même évoquer la possibilité de sanctions disciplinaires). Ça a été pour moi un vrai soulagement que de passer là après avoir été enseignant en DEUG avec des étudiants qui transformaient les salles de cours en volière.

Reste que je n'ai pas entendu parler de tels évènements en fac de sciences non plus. Je vais me renseigner auprès des collègues féminines.
Commentaire n°18 posté par DM le 08/07/2009 à 08h54
Voilà une video qui ne vient pas de chez moi mais qui illustre bien le concept de volière ! A partir de là, on peut imaginer absolument tous les débordements.

http://www.youtube.com/watch?v=cGiPS9F-Nyw
Réponse de Mr le prof le 08/07/2009 à 16h01
J'aurais une explication différente pour justifier cette observation ... Je viens de finir mon master, après avoir fait mes années de lycée dans le public, dans une zone "presque ZEP".

J'ai aussi constaté une différence dans le physique de mes camarades: pas ou peu de "moches" ni de "grosses" en master.

A mon avis, la raison vient du milieu social. Le milieu social d'origine influence le niveau d'étude.
Grâce au réseau des parents et amis, à l'éducation reçue, à la culture dans laquelle on grandit, on est plus ou moins encouragé à suivre de longues études, et on a plus ou moins de facilité pour les réussir.

C'est cliché, c'est schématisé, mais les études vont dans ce sens: quand on est pauvre... on mange moins bien, on grossit d'avantage (taux d'obésité plus fort dans les milieux défavorisés), on a une moins bonne santé, on ne va pas acheter les produits chers en pharmacie pour lutter contre l'acné (pauvre Laurie), etc.

Et en étant issu d'un milieu populaire, arriver dans un niveau d'étude élevé, on peut se sentir complexé face à ses camarades et on arrive alors dans votre analyse (les filles complexées vont moins loin).

Voici donc ma théorie: ce n'est pas la beauté en elle-même qui joue, mais le milieu social qui, entre autre, l'a favorisée.
Commentaire n°19 posté par Marie le 08/07/2009 à 15h42
analyse vaine ,superficielle et fausse... le caractere n'a rien a voir avec l'aspect physique de la personne.
Commentaire n°20 posté par manon le 16/05/2011 à 19h51

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