Une histoire... dingue !

Publié le par Mr le prof

Dans ce billet vous aurez tout ! La recherche, les jolies filles, la fac, les congrès... et pour moi une des situations les plus rocambolesques dans lesquelles je me suis retrouvé. J''en ai d'autres bien sûr, mais celle-ci concerne indirectement l'université alors je peux la raconter ici ! D'autant que ca fait quelque chose d'un peu "vivant" à vous dire car actuellement, mois d'août oblige, je dois avouer qu'il ne se passe pas grand chose ! C'était il y a une dizaine d'années, je démarrais ma thèse. Cette année là, mon département à l'université organisait un gros congrès. Dans ma discipline c'est le plus gros congrès francophone, c'est un congrès "itinérant", tous les ans c'est une université différente qui l'accueille.


Quand une université se retrouve ainsi organisatrice d'un événement de la sorte, elle met tout le monde à contribution. Les doctorants en particulier : on les met à l'accueil pour fournir les cartables contenant les actes du congrès, le programme, un plan touristique de la ville pour les congressistes, ainsi que des éventuels cadeaux. On leur donne également un badge pour que tout le monde puisse les reconnaître. Il faut également veiller à tous les déplacements entre les aéroports, gares et le lieu du congrès. Il faut s'assurer que chaque intervenant ait bien son powerpoint, ou (à l'époque encore) ses transparents. Que les vidéo- et rétro-projecteurs fonctionnent, enfin toute la logistique est en général assurée par les doctorants et les jeunes maîtres de conférences. Les plus anciens et les professeurs ont eu un rôle plus diplomatique, ils ont également la tâche de former le comité scientifique qui évaluera les papiers proposés pour le congrès et sont en général eux-mêmes mis fortement à contribution pour évaluer les propositions de communications.


J'étais en première année de thèse, mon rôle n'a donc été que logistique, je n'avais jamais rien écrit, j'étais donc un parfait inconnu pour tous les gens qui venaient. En outre, vu que je démarrai, la plupart pour moi étaient également des inconnus, mis à part les quelques uns qui travaillaient sur mon sujet de recherche et dont j'avais lu quelques travaux. Ma tâche principale était de faire le chauffeur, il s'agissait de faire la navette entre l'aéroport et le congrès ainsi qu'entre le congrès et les hôtels. Ca tombait plutôt bien, j'adore conduire. De plus, le fait de récupérer tous ces gens à l'aéroport m'a permis de mettre des visages sur beaucoup de noms que je ne connaissais que par des publications scientifiques. Pour l'occasion on m'avait confié un véhicule 9 places (au delà il faut un permis spécial) et j'avais donc garé ma voiture sur une place, pas très loin de l'université. Au passage, je précise que cette voiture n'était pas la mienne mais celle de ma copine, qui est aujourd'hui ma femme. Cela a son importance pour la suite ! Je passe rapidement sur cette journée car à part des allers-retours en voiture, je n'ai rien fait d'extraordinaire. Le soir même chose, après un repas pris en commun, j'ai assuré quelques trajets entre le lieu du repas et certains hôtels qui accueillaient peu de participants. Pour les hôtels principaux on avait loué un autobus. Après avoir terminé le service, il fallait que j'aille poser le véhicule chez le loueur et poser la clé dans une boite aux lettres car on passait de 3 véhicules loués à un seul pour le lendemain, étant donné qu'il n'y avait presqu'aucun départ de prévu de congressistes.


Je n'habitais pas encore à l'époque dans la ville de mon université, mais à une trentaine de kilomètres. Mais ce soir là, vu que nous avions terminé le service "chauffeur" assez tard (aux alentours de 2h du matin) et que le lendemain matin il fallait que je sois opérationnel vers 9h, j'ai dormi chez un ami doctorant qui était en collocation avec deux autres personnes que je ne connaissais pas. Je me couche, et vers 4h du matin je me fais réveiller par un doute : est-ce qu'il n'y a pas un marché le lendemain à l'endroit où j'ai garé ma voiture ? Panique ! Je me lève, et je pars à pieds pour changer de place la voiture. A cette heure il doit y avoir plein de places de stationnement libres en ville. J'arrive sur la place : pas une voiture ! Cette place qui habituellement est remplie était déserte, à l'endroit où je m'étais garé un petit camion avec un type à côté en train de monter son stand. Je cours lui parler.


"Bonjour monsieur, vous n'auriez pas vu une voiture blanche ici même ?
- il y a une heure la fourrière a amené tous les véhicules qui stationnaient encore sur la place".


Mince ! 4h30 du matin, ma voiture à la fourrière. Cela ne m'était jamais arrivé, je ne sais même pas ce qu'il faut faire. Je file à la fourrière, c'est une horreur, elle est facilement à 3km de l'endroit où je me trouve. Je courrais beaucoup à l'époque, il faudrait d'ailleurs que je m'y remette... En tout cas, petit footing... j'arrive là bas un peu avant 5h. Le gardien de la fourrière me dit alors que pour récupérer mon véhicule il faut en fait que j'aille au commissariat payer la contravention et revenir avec le justificatif à la fourrière. Retour au centre ville ! Le commissariat est cependant moins loin, il doit être à 2km. J'y arrive. Le fonctionnaire de police m'explique que ça coûte un peu plus de 65euros (on était en francs à l'époque c'était aux alentours de 430f) pour l'enlèvement et à cela s'ajoutait un forfait journalier de 30 euros je crois. Il fallait donc vite la sortir ! Le policier me demande mes papiers et ceux du véhicule. Je prends mon portefeuille est bien entendu... je n'ai pas la carte grise ! Elle est dans la voiture !!! C'est un cauchemar ! Retour en courant à la fourrière, j'explique au gardien qu'il faut que je récupère les papiers, il me laisse entrer. Il y a des centaines de véhicules. Je trouve finalement le mien. J'ouvre la portière, je cherche dans la boite à gants, le pare-soleil, le vide poche : rien !!! Pas de carte grise c'est dingue !!! J'essaie de garder mon calme mais ça devient très compliqué ! Si vous vous rappelez de ce que j'ai dit plus haut, ce véhicule n'était pas le mien. La carte grise doit être chez ma copine... à 30km de là ! Je pars en courant de nouveau à l'appartement, car je viens d'avoir une idée. Je suis en nage, ça fait deux heures que je cours... j'ai sommeil, j'ai faim, j'ai soif... Je rentre dans l'appartement, pas un bruit. Je prends un briquet pour faire de la lumière sans réveiller tout le monde et je trouve mon bonheur : des clés de voiture dans un cendrier ! Oui je sais, ce n’est pas bien de prendre le véhicule de quelqu'un sans lui demander son avis, mais après ce footing, cette panique et sans avoir dormi, je crois que je n'étais plus totalement lucide. Je prends donc les clés et je descends dans la rue, la voiture de mon ami est là, c'est une vieille voiture mais elle est en bon état.


Et là, il se passe un truc assez dingue, un truc dont j'ai rêvé cent fois quand j'étais adolescent (j'avais canal+ !) et qui tombe là ! Le monde est mal fait... L'appartement est en plein centre d'une grande ville, il y a des boites de nuit partout, le centre est très vivant. A cette heure là c'est plutot calme mais pourtant deux jeunes filles arrivent, elles sont vraiment superbes toutes les deux. Deux belles brunes. Elles viennent me voir et me demandent un truc absolument improbable : elles ne savent quasiment pas parler français, mais apparemment ce qu'elles veulent c'est rentrer à Budapest, capitale de la Hongrie !!! Là je suis totalement dépourvu ! Deux beautés seules à presque 6h du matin qui veulent aller à Budapest ! Je suis tellement dans mon histoire de voiture, que je ne me demande même pas si c'est normal ou si c'est pour vidéo gag. Ce qui est certain c'est qu'elles seront mieux dans une voiture qui sort de la ville plutôt que seules en ville dans des tenues pareilles (une avait une jupe qui s'arrêtait à 1mm de la culotte et l'autre avait un jean qui ressemblait davantage à une toile d'araignée qu'à un pantalon). Je leur explique que je vais sur l'autoroute et que c'est vers l'est donc qu'elles seront mieux au péage... J'embarque les deux ! Et c'est parti direction l'est. Avec sûrement pour elles un périple qui ne fait que commencer, et pour moi juste un aller retour dans ma ville natale à 30km de là.


On roule, il y avait moins de radars à l'époque et j'avoue que je dépasse un tantinet les 130km/h sur l'autoroute. Sur le trajet, elles essaient de faire la conversation. Finalement ca se termine par le fait qu'elles me trouvent à leur goût et m'expliquent que je serai mieux avec elles sur la banquette arrière qu'au volant ! On se croirait dans un mauvais film X (y en a t'il des bons ?). Je fais celui qui ne comprend pas et je roule, en me disant que le sort s'acharne définitivement sur moi, ou me met à l'épreuve ! J'arrive à la sortie, je suis le périphérique et je les pose à l'entrée de l'autoroute qui va vers l'est. Je leur dis que la Hongrie... c'est par là !! Je les laisse, et je pars en trombe. Je regarde s'éloigner les deux beautés dans le rétroviseur. Mais quelle misère !!! Mais retournons à nos moutons. Il est environ 6h30 et j'arrive devant chez ma copine. Enfin façon de parler, à l'époque elle vivait encore chez ses parents. Non je ne détournais pas les mineurs, ne vous inquiétez pas, je suis un peu plus âgé qu'elle mais pas à ce point. A l'époque elle avait 23 ans. A 6h30 tout le monde dormait. J'essaie de lancer des cailloux contre son volet pour ne réveiller qu'elle. Rien n'y fait... Tant pis. Je sonne ! La maison s'allume, c'est elle qui vient m'ouvrir. Heureusement. Ca ne fait pas très longtemps que nous sommes ensemble et je ne suis pas certain que ses parents auraient apprécié de me voir à 6h30 pour la voir. Je lui raconte mon histoire (sans les hongroises car on avait pas le temps d'entrer dans les détails !), c'est bien elle qui a la carte grise ! Je la récupère et je repars !


Je passe devant le péage est. Les hongroises ne sont plus là. Quelqu'un les a prises. Je me demande ce que vont devenir ces filles mais vu comment elles étaient parties, ça ne laissait présager pas grand chose de bon ! Ou en tout cas de très sain... Je médite un peu sur la croisée des destins et les choix (plus ou moins contraints) que nous faisons tous pour organiser nos vies... Je roule je roule. J'arrive au commissariat avec les papiers. Je règle les amendes et je vais à la fourrière. Et là cher lecteur, si tu as bien suivi : je suis à environ 3km du centre ville avec... deux voitures ! Mais j'ai du temps devant moi finalement... Je pourrais aller à l'appart, poser la voiture et demander dans la journée à mon ami laurent de me ramener à la fourrière, mais je sais qu'il doit partir chez lui dans la journée. Il habite à 60km de là, dans l'autre sens. Il ne sera sûrement plus là quand j'aurai fini de faire le chauffeur. Qui va me ramener ici ? La plupart des autres doctorants n'ont pas de véhicule. Quelle galère ! Donc, je ne prends pas de risque, et je n'en suis plus là au bout du compte : je ramène les deux voitures ! Je roule 1 km avec une. Je descends... footing jusqu'à l'autre, je roule 2 km, je me retrouve donc à 1km de la première, et ainsi de suite. En quelques footings, je me retrouve avec les deux véhicules devant l'appartement ! Je les gare parfaitement (j'ai pas envie de repartir à la fourrière). Je monte, je pose les clés dans le cendrier, je me douche. C'est déjà l'heure de repartir !


Mais quelle nuit !!!

Publié dans La recherche

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pearl oyster 13/03/2015 06:41

Thanks for sharing this with us.i found it informative and interesting. Looking forward for more updates.

pearl set 13/03/2015 06:40

It’s a Very informative article, all the information are given very clearly.

BBK.mel 07/08/2009 10:14

Excellent, la manière de ramener les deux véhicules ! J'avoue que c'est le genre de chose à laquelle je n'aurais pas pensé. J'aurais réveillé la première connaissance venue pour m'aider à ramener les voitures ! Bravo !

Mr le prof 07/08/2009 12:06


Ben il faut se replonger à l'époque ! Le téléphone portable n'était pas ce qu'il était. Pour ma part je n'en avais pas, et j'avais encore assez peu d'amis qui en avaient. Cette histoire remonte à
1998. C'est dingue comme le monde a changé en une dizaine d'années. Ca aurait été aujourd'hui, il est clair que j'aurai appelé ma copine sur son portable pour vérifier qu'elle avait bien la carte
grise (car ce n'était même pas sûr !), mais pour la fourrière ca serait resté compliqué, cette fourriere est totalement excentrée... donc même si j'avais réussi à appeler quelqu'un, je n'aurai pas
pu lui demander de venir à pied (3km du centre), il serait venu en voiture, deux chauffeurs pour 3 voitures... le cinéma aurait été le même sauf qu'on aurait fait les aller-retour entre les deux
voitures avec le troisième, je me serai moins fatigué mais cela n'aurai pas vraiment amélioré les choses !


Helran 07/08/2009 02:48

Pourtant en vous lisant, il semble bien qu'il vous arrive pas mal de chose. Et encore on a le droit uniquement à ce qui est en rapport, de loin ou de près, avec votre métier.

Mr le prof 07/08/2009 12:00



C'est vrai qu'il m'en est arrivé, mais pas trop dans le cadre de la fac... enfin quand même un peu, sinon je ne me serai pas lancé dans ce blog. Et puis comme je le disais plus haut, au contact
des étudiants il arrive toujours des trucs assez dingue, je ne sais pas si vous aviez lu ce billet que j'avais fait il y a quelques temps sur des étudiants qui descendent en ski et à poil les
escaliers d'un hotel !!! http://profdefac.over-blog.com/article-30223775.html



luc 07/08/2009 02:27

le meilleur moment est sans conteste celui ou vous ramenez deux voitures en même temps =)
bravo pour le polar, quid de la journée du lendemain ?

Mr le prof 07/08/2009 11:44



De manière étonnante, je n'ai pas trop de souvenir du lendemain, je me souviens comment j'étais habillé ! mais pas de la sensation de fatigue. Pourtant je devais etre completement a bout, car
même si généralement je dors assez peu, il me faut quand même mes 6 heures !