Partager l'article ! La jeunesse éternelle: Ca y est ! Ce coup-ci pour moi c'était la vraie rentrée. L'entrée dans la salle, les nouvelles têtes, l'odeur de la p ...
Ca y est ! Ce coup-ci pour moi c'était la vraie rentrée. L'entrée dans la salle, les nouvelles têtes, l'odeur de la peinture qui a été refaite et des salles propres que personne n'a visité depuis quelques semaines.
Pour moi la rentrée, depuis tout petit, cela a toujours été une expérience d'odeurs. Quand j'y pense, c'est toujours ce qui me revient en premier. L'ouverture pour la première fois d'un livre
c'était magique et je mettais toujours mon nez au creux des pages pour sentir la colle et le papier, l'odeur des crayons à papier que j'appointais, de la gomme à effacer, de la colle blanche,
l'odeur des protèges cahiers plastifiés neufs que ma mère avaient posés sur mes cahiers. Tout cela me revient avec force quand je songe à toutes ces années à l'école, au collège, au lycée et à la
fac (ma mère a quand même vite arrêté de me mettre des protège-cahiers !). Et de sentir l'odeur de la peinture en rentrant dans la salle ce matin, cela m'a rappelé ces souvenirs avec nostalgie.
C'était comme... oui oui elle-même !! la madeleine de Proust ! J'en parle parce qu'au passage j'en ai marre de cette madeleine de Proust ! Pas un qui soit foutu de parler de ses souvenirs évoqués
par un détail sans faire référence à la madeleine de Proust. Même moi finalement... Je suis toujours à lire au détour d'un livre, d'un essai, d'un article un souvenir qui finit toujours dans la
tasse de thé avec cette p... de madeleine ! Enfin, trève d'énervement inutile. Car que ce soit la madeleine ou la peinture, il y a quelque chose de nostalgique qui vient ensuite me rappeler que
tous ces bons souvenirs sont assez loins aujourd'hui...
Les jeunes ce sont eux. Les étudiants. Ce matin, j'ai encore remarqué qu'ils étaient encore plus jeunes que l'an dernier. Comme tous les ans ! Pourtant, leur dossier est là pour me rappeler
qu'ils ont le même âge que ceux de l'an dernier, et ceux de l'année d'avant. Ils ont toujours une vingtaine d'années. Tous les ans ! Ils ne vieillissent jamais. Il n'y a que leur date de
naissance qui change 1987, 1988, 1989, 1990 ! Ils sont nés j'étais au lycée ! Bientôt ils naîtront quand j'étais à la fac et dans plus longtemps encore ils naîtront alors que j'étais déjà
enseignant-chercheur. Ils ont tout le temps le même âge et moi chaque année j'ai un an de plus...
Bientôt ils ne remarqueront plus mes vannes cachées sur les Simpson ou Mulder & Scully de X-Files. Ca fait déjà longtemps que j'ai arrêté de faire des références à Alerte à Malibu, 21st
Jump Street, Dawson ou même Friends. Aujourd'hui pour être compris par des référents culturels communs, il faut connaitre South Park, Ugly Betty, How i met your mother ou Gossip Girl... J'ai
remarqué que parmi mes étudiants, la plupart ignoraient qui étaient Steve Austin et l'ignoble JR ! Tout se perd...
Mais il faut voir le bon côté des choses. J'ai en face de moi un public immuable, qui a toujours le même âge, qui change parfois de coiffure ou de style vestimentaire, de façon de parler et
d'écrire. Mais quelque part il est immortel et me donne parfois l'impression que je le suis aussi.
Si JR est devenu hélas méconnu, en revanche parler de "Damas et son univers impitoyable", ça marche encore ! ;-)
Il y a deux annnées, un collègue parlait d'une situation en cours en disant "c'est Dallas, sans le pétrole !", ça avait bien fait rire son auditoire de jeunes gens de 20 ans.
Les nouveaux restent des nouveaux, c'est cool, on est toujours avec eux !
Pendant des années, j'utilisais la Petite maison dans la prairie comme référence. Et bien ça marche encore. Et pourtant, aucun de mes élèves (y compris en IUT n'était né pendant le tournage de la série (de 77 à 84).
Côté référence, il y a des bugs aussi : un de mes élèves (toujours à l'IUT il y a quelques années), se pointait toujours avec des tee-shirts The Clash. Pour une ancienne punk comme moi, la référence était plaisante. Jusqu'au jour où j'ai compris qu'il ne connaissait pas le groupe ; il était persuadé que The Clash était une marque au même titre que Diesel.
Ah là là, la culture musicale se perd bien vite...
Mais c'est tellement cela, "nos" rentrées, même si la mienne se situe plutôt dans un lycée. Et une confidence : les lycéens rétrécissent chaque année, encore plus que les étudiants !
De plus, une phrase dans une chanson des Wriggles reprend une partie du générique de Dallas. Les Wriggles étant tout de même un groupe ayant du succès chez les 18-25 ans.
Comme je suis heureuse de voir que l'odeur du plastique neuf, des livres et des cahiers à peine ouverts, des stylos encore vierges de ligens d'écriture ne laisse personne indifférent. Chaque année à la même période, je résiste à la tentation de dévaliser le rayon rentrée des supermarchés juste pour le plaisir de sentir tous ces objets neufs rien que pour moi. D'ailleurs, depuis que je suis à l'université, je suis déçue de ne plus avoir de liste de fournitures à acheter. C'était tellement bien ...
Pareil pour la colle Cléopâtre, que personnellement je mangeais en maternelle. Mais quelle idée ils ont eu de la parfumer à l'amande cette colle ! Mon petit-ami m'a d'aileurs prise pour une folle quand, au détour d'un magasin, j'ai vu cette colle et lui ai conté cette histoire.
Enfin, pour les références, j'avoue me sentir un peu décalée parfois. Je suis née en 1987. Jeune, pas jeune ? Je ne sais pas, plus jeune que les EC en tout cas. Par contre, je suis restée à des références assez lointaines. Pas Dallas ou la Petite Maison (comme les plus anciens) mais les séries récentes du type Gossip Girl, NCIS ou l'autre docteur me hérisse le poil. Je suis resté à Buffy, Highlander, mais également K2000, Code Quantum, Mc Gyver ... Ce que certains de mes camarades ne connaissent même pas ! Où va le monde ...
En ce qui concerne les références de mes professeurs, on arrive à suivre. Sommes-nous une promo à part?
Là où on ne suit plus c'est dans certaines blagues "vaseuses" d'un musicologue ... "Ah tiens tiens t'as mis un Fa bémol ici?! Pourquoi on n'écrit jamais cette note?" "... euh ... je sais pas?" "Parce qu'il vaut mi".
Grand blanc jusqu'à ce qu'on fasse le rapprochement "vaut mi" "vomis" ...
Tant qu'on atteint pas ce stade, rien est perdu!
(Au cas où si un professeur se reconnaît, j'en suis navré ...)