Jeudi 8 octobre 2009 4 08 /10 /Oct /2009 15:49

Mardi le site du journal Le Monde a publié un article intitulé « Malaise à l’université ». Cet article est une liste de témoignages, censée j’imagine, montrer la grande précarité dans laquelle se trouvent bien des docteurs qui ne parviennent pas à obtenir le sacro-saint statut de maître de conférences (MCF).


La procédure qui permet de devenir MCF est déjà un exercice de style assez compliqué, possédant ses propres règles. Je ne reviendrai pas là-dessus d’ici la prochaine campagne de recrutement en 2010. Pour une description de la procédure, j’ai déjà rédigé un billet (voir ici).


Cet article du Monde décrit donc, des situations de post-doc, de vacations, de salaire de 1700eu/mois à bac+10 (sic ! pour la personne qui a sorti ça, il faut savoir qu’on ne compte pas les redoublements et qu’un doctorat ne sera jamais plus qu’un bac+8, je connaissais un garçon comme ça qui comptait bac+3 sa 3ème première année de fac…), d’un docteur en science politique qui se trouve au RSA avec 500eu/mois. En bref, des situations réellement problématiques pour les intéressés.


Cependant, une fois passée la lecture de cet article et malgré mon empathie naturelle. Il vient ensuite des questions sur les choix qui ont conduits ces docteurs à l’impasse dans laquelle ils se trouvent. Attention, je ne dis pas, c’est bien fait pour eux, ils avaient qu’à y réfléchir. Loin de là. Le but de ce billet est davantage de préparer les étudiants qui souhaiteraient se lancer dans une thèse pour devenir ensuite MCF à prendre en considération un certain type de données qui est pourtant à la disposition de tous, et peut-être éviter un mauvais choix.


Alors bien entendu. Le principal point abordé est le salaire. Là, je ne m’étendrai pas car j’ai déjà fait un billet (voir ici). Mais il est étonnant que certains s’offusquent de leur salaire d’ATER. Avant de commencer une thèse on peut tout de même se renseigner sur les salaires ! Vous irez consulter le billet mais à la louche, un ATER plein temps gagne 1608eu/net par mois et un MCF gagne maintenant autour de 2000 net/mois en début de carrière. Vous voilà prévenus !

Mais ce qui ressort de ces témoignages, c’est la surprise ou le désespoir vis-à-vis du manque de postes. Et c’est vrai : des postes il n’y en a pas tant que cela. Mais quand même, je pense qu’on peut au moins tenter de s’orienter de manière à limiter les dégâts.


Le CNU met à la disposition de tout le monde des statistiques sur le nombre de docteurs ayant demandé à être qualifié au poste de MCF, le nombre de docteurs finalement qualifiés. Le nombre de docteurs qualifiés se présentant à la campagne de recrutement. Et finalement le nombre de poste ouverts dans les universités. Vous trouverez tous ces chiffres ici.

Ce que je retiens de ces chiffres – je sais que je vais énerver du monde en écrivant cela, mais ce n’est pas très important, c’est bien à cela que sert un blog je pense, à confronter des idées – c’est qu’on peut faire des efforts d’orientation de manière à avoir un poste.


Alors avant toute chose, il faut bien être d’accord sur un point : je me mets dans la peau de quelqu’un qui veut un poste à tout prix. En d’autres termes : la fin justifie les moyens. Mais je conçois que certains ne veulent absolument pas déroger à certaines règles de vie et ne voudront pas aller dans telle discipline non pas par manque de connaissance mais par conviction.

Je pense que lorsqu’on a fait 8 ans d’études (et 10 pour certains !) c’est effectivement une vraie gabegie que de se retrouver sans emploi et dans des situations précaires alors qu’on a œuvré pour avoir un emploi stable et intéressant. Comment passe t’on du statut d’élève brillant qui réussit ses études à trentenaire sans aucune expérience ne parvenant pas à décrocher un emploi qualifié ? Il y a tout une mécanique dont il faut absolument connaître l’existence. Encore une fois ce billet n’est pas là pour donner des leçons mais pour avertir les étudiants qui se lancent dans la thèse.


Le taux de qualification.


Tout d’abord avant toutes choses, une fois le doctorat en poche, il faut que le CNU qualifie le candidat, c'est-à-dire lui donne le droit de participer à la campagne de recrutement. Cette qualification est valable 4 ans. Toutes les sections ne sont pas égales quant aux taux de qualification. Si je regarde les extrêmes, d’un côté il y a des sections qui qualifient très peu :


Par exemple, sur la période 2005-2008, en quatre ans, la section 2 (droit public) a qualifié 205 docteurs sur les 926 qui en ont fait la demande. Soit un taux de 22,14%. Moins d’un candidat sur quatre est qualifié.  Vient ensuite la section 1 (droit privé – vous noterez que niveau qualification les juristes ne sont pas à la fête) avec 30,21% (345 qualifiés sur 1142 demandes) soit environ un candidat sur trois. Ce qui est comparable avec la section 71 (science de l’information et de la communication) 30,89% ou encore la section 10 (Littératures comparées) avec 31,34%

A l’extrême opposé, les sections qui qualifient tout le monde ou presque. C’est le cas de la section 30 (Milieux dilués et optique) qui en 4 ans a qualifié 828 docteurs sur les 961 qui en ont fait la demande (86,16%) ou la section 34 (Astronomie, Astrophysique) avec 81,20% (324 qualifiés sur 399).


De manière générale, les sections dites de « Science » (sections 25 à 69) qualifient plus facilement (65,47% soit 23 300 qualifiés en quatre ans sur 35 591 demandes) que les sections dites de « droit » (sections 1 à 6) qui sont à 38,21% avec beaucoup moins de dossiers (seulement 6 sections) : 2 029 qualifiés pour 5 310 demandes.

Alors bien entendu, quand je dis qu’on peut faire des ré-orientation. Cela reste limité. Quelqu’un qui en quatrième année de droit, ne peut pas partir en master recherche d’astrophysique ! Cependant un examen précis de matière voisine montre parfois des taux de qualification sensiblement différents. Mais la qualification n’est qu’un laisser-passer. Elle ne signifie pas que vous allez avoir un poste. En fait pour certaines sections la procédure de qualification laisse passer le nombre idéal de candidats vis-à-vis du nombre de postes, alors que d’autres qualifient sans se poser la question des postes qui seront ouverts. Mais avant cela, il faut s’arreter rapidement sur un détail : l’évaporation !


L’évaporation.


Ce que le ministère appelle l’évaporation, c’est la taux de docteurs qualifiés qui finalement ne se présentent pas à la campagne de recrutement. La raison ? Ils trouvent du travail plus intéressant et/ou mieux rémunéré ailleurs. Ils ont généralement poser leur dossier de qualification pour se couvrir et avoir un poste de MCF dans le cas où ils n’auraient pas eu le poste qu’ils convoitaient dans le privé. Les sections les plus « touchées » par ce phénomène sont sans grande surprise dans les sections « sciences » la section 37 (météorologie, 63,3% d’évaporation) puisque Météo France recrute un grand nombre des diplômés. Les sections 65, 66, 67, 68, 69 (Biologie, physiologie, neurosciences) produisent des docteurs qui vous vous en doutez sont assez courtisés par l’industrie de la santé (production de médicaments, vaccins, etc), un peu plus de 50% d’évaporation dans ces discipline


Dans les sections « lettres », l’évaporation est moins grande (22% en moyenne). La section 20 (Anthropologie, ethnologie, préhistoire) affiche une assez forte évaporation (41,9%).La section 15 (Langues et littératures arabes chinoises, japonaises, hébraïques) permet l’évaporation dans les métiers de la diplomatie et de l’interprétariat (39,2% d’évaporation). La section 24 (Aménagement de l’espace, urbanisme) qui permet une carrière dans le domaine public des collectivités locales et autres affiche un taux de 29,7%.


Enfin les sections de « droit » sont celles ou le taux d’évaporation est le plus faible en moyenne (16,2%) avec une exception pour la section 6 (sciences de gestion) qui affiche un taux d’évaporation de 26,9% principalement dû au recrutement dans les écoles privées (HEC, ESSEC, ESC) et dans les cabinets de conseil (comptabilité, finance, marketing). On trouvera que le taux d’évaporation de ces sections est bien faible compte tenu des fortes potentialités sur le marché du travail. En fait, pour l’avoir observé parmi les collègues de ces sections dans mon université, certains ont une activité de conseil qui n’est pas incompatible avec un poste de MCF. Du coup, quand on peut avoir le beurre et l’argent du beurre… autant se présenter au recrutement de MCF.


Le ratio candidats / postes offerts


Cela parait être LE ratio important. On a bien compris que tout le monde n’était pas qualifié, qu’il y avait certains candidats qui choisissaient de poursuivre leur carrière hors de l’université. Mais combien propose-t’on de postes à ceux qui restent dans la course (chiffres de la campagne 2008) ?


Avec 109,4% la section 6 (sciences de gestion) arrive en tête. Davantage de postes que de candidats. Les sections 1 (droit public) et 2 (droit privé) suivent avec respectivement des ratio de 97,5% et 84,62%. Les sections 1 et 2, celles-là même qui qualifient le moins… Du coup cela donne envie d’aller voir du côté des sections 30 et 34 (celles qui qualifient le plus). Et effectivement on a des taux assez faibles avec seulement 18,85% pour la 30 et 25,53% pour la 34.

Du coup, on voit bien que ce ratio candidats/postes est biaisé. Il dépend énormément de la politique de qualification par la section concernée. Aussi, finalement pour avoir une vision plus large des chances de recrutement, il faut combiner le taux de qualification avec le ratio candidats/postes.


Taux de qualification * candidats/postes


Cela donne donc tout simplement le pourcentage de postes offerts par rapport au nombre de personnes ayant demandé la qualification. On pourrait affiner en prenant en compte le taux d’évaporation mais je commence à fatiguer. Je pense qu’on va déjà avoir une bonne idée !


C’est encore la section 6 (gestion) qui arrive encore en tête avec 71,74% de postes par rapport au nombre de demandes de qualification. Arrive en 2eme position la section 11 (anglais) avec 48,22% soit près d’un poste pour deux candidats à la qualification. Seule une dizaine de sections proposent un taux supérieur à 30%, ce sont les sections 12 (langues germaniques et scandinaves), 35 (structure et évolution de la terre), 26 (mathématiques appliquées), 60 (mécanique), 5 (économie), 15 (arabe, chinois, japonais, hébreu), 14 (espagnol, italien, portugais et autres langues romanes), 1 (droit public), 63 (électronique).


A l’opposé, la section 72 (epistémologie, histoire des sciences) propose trois postes à 59 candidats (3,85%).


Alors qu’est ce qu’on fait ? Est-ce que tout le monde doit s’inscrire en sciences de gestion ? L’avantage c’est que cela semble presque possible ! Vous êtes un matheux (maths ou stats) ? Feuilletez les sommaires de la revue « Journal of Finance », je pense que vous trouverez vite votre bonheur. Vous êtes plutôt passionné par l’anthropologie, l’ethnologie, la psychologie, la sémiotique ? Feuilletez « Journal of Consumer Research » et vous verrez comment ces matières sont appliquées non pas sur l’Homme mais sur le Consommateur. Votre truc c’est la musique ? la peinture ? la littérature ? « International Journal of Arts Management » vous montrera qu’effectivement, les arts aussi ca se « gère » !


Mais soucis : (1) si tout le monde part en sciences de gestion, on va se retrouver avec le même problème. Il n’y aura pas assez de place pour tout le monde… et (2) peut-être que l’aspect matérialiste ou mercantile de la chose peut vous gêner…


Pas trop de solutions donc, mais maintenant, j’espère que vous savez mieux où vous mettez les pieds.


Comme j’imagine que beaucoup ne sont pas d’accord avec cette vision, je vous dirai comme les jeun’z sur leurs blogs : lachez vos comm !!!

Par M le Prof - Publié dans : La fac et les profs
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Commentaires

Ah, les commentaires remarchent.
Plusieurs remarques :

- d'abord une question : avant de vous-même prendre un étudiant en thèse, le tenez-vous informé des débouchés de vos étudiants précédents, ainsi que de la réalité que vous décrivez ? J'espère pour vous que vous êtes dans une discipline où on trouve facilement de l'emploi, et avec de nombreux liens dans le privé.

- je suis dans une discipline relativement neuve, dont tout le monde dit qu'elle va se développer, qui est intéressante, à la mode dans le monde entier : ce qu'on appelle la biologie intégrative Problème : il y a en tout et pour tout un poste au CNRS par an, quant aux postes de maître de conférences, comme il n'existe nulle part de département de biologie intégrative, ils sont dans des départements "classiques" et pas nécessairement très colorés. Je trouve un peu fort de café qu'on m'explique que je n'ai qu'à m'adapter au conservatisme scientifique ambiant ou au manque de volonté politique plutôt que de faire des trucs novateurs et intéressants. En attendant, je suis à l'étranger.

- votre logique est (un peu) étrange. Si l'on doit choisir sa filière en fonction du taux d'emploi à la sortie (ou du salaire), je ne vois tout simplement pas l'intérêt de faire de la science : une école de commerce ou d'ingénieur, c'est beaucoup mieux. On peut dire qu'on fait de la recherche avant tout par goût, mais en général le goût est associé à une discipline particulière, pas forcément à la recherche en elle-même. Je ne suis pas convaincu personnellement que la recherche en cristallographie m'aurait beaucoup plu

- enfin, je trouve assez symptomatique qu'un membre éminent de l'université, au grade le plus élevé, rejette les responsabilités sur les étudiants de problèmes culturels et structurels. C'est une réaction typiquement française : ferme-la et adapte-toi au système, même s'il est absurde, et de toutes façons, c'est de ta faute. J'y vois un trait typiquement français où la hiérarchie s'accompagne automatiquement de mépris pour les échelons inférieurs. En réalité, collectivement vous, professeurs, chercheurs permanents, etc... êtes responsables de cette situation, en ne prenant pas en compte les débouchés de vos propres étudiants par exemple, en ne poussant pas vers des réformes de structures profondes qui permettraient notamment de "fluidifier" un peu le système. Combien de chercheurs, en France aujourd'hui, circulent régulièrement entre privé et public comme cela se fait partout ailleurs ? Sur le fond, le problème principal est la non reconnaissance du doctorat et le fait qu'il est vu comme sanctionnant des connaissances et non des compétences (d'organisation, de mise en place de projets, de capacité à abstraire et à se débrouiller avec des problèmes mal posés, etc...)
Commentaire n°1 posté par Tom Roud le 08/10/2009 à 17h05

Dans l'ordre :

1 - oui ! j'ai la chance d'intervenir lourdement dans le master recherche qui mène à la thèse. Je passe au moins trois heures sur tous ces points : organisation de la thèse, financement, procédure de qualification, de recrutement, débouchés, salaires, etc. Mes étudiants sont parfaitement au courant de la situation quand ils s'inscrivent.

2 - j'ai moi même connu cela. Et j'ai fait ce que vous n'avez pas fait : je me suis adapté au "conservatisme ambiant" au niveau principalement des enseignements. J'ai adapté mes travaux à ceux du labo, ce qui ne m'empeche pas de travailler en parallèle sur mon thème de prédilection et à "éveilleré de plus en plus les étudiants à ce thème et obtenir des responsables de formation que l'on fasse des UE spécialement dédiées. Cela prend du temps, mais il faut se battre.

3 - je ne dis pas vraiment cela. Alors oui je dis "attention nous sommes dans le cas où la fin justifie les moyens" mais quoi qu'il en soit on peut toujours un peu adapter son travail. Ensuite je comprends bien que certains refusent les concessions, je respecte tout à fait ce point de vue. Mon billet est une réaction à l'article du Monde qui montre des gens qui ont l'air de tomber des nues et qui ne s'attendaient pas du tout à la situation dans laquelle ils se trouvent. Pourtant, il me semble bien que nous avons toutes les informations en main pour savoir où l'on met les pieds.

4 - je pense que c'est plus compliqué que cela. Je suis assez d'accord avec vous sur le fait qu'il y a une tendance à se dire "j'ai galéré avant toi je me suis pas plaint, alors fais pareil...". C'est un peu comme à l'armée ! On fait ses "classes". Mais ensuite je pense que beaucoup se mobilisent pour que les choses évoluent, mais hélas ceci n'est pas du ressort des universitaires mais du ministère. Je pense que depuis des années, les universitaires sont très mobilisés sur ces thématiques et des manifestations ont souvent lieu. Mais c'est le/la ministre qui prend les décisions.

Réponse de M le Prof le 09/10/2009 à 10h54
Merci pour ce billet qui éclaire les perspectives du post-doc. Après feuilletage de votre blog, je crains qu'il soit plus intéressant financièrement pour ma part de rentrer dans la vie pro à +5. Mais ayant peur du monde de l'entreprise et pris gout à l'enseignement, j'ai tout de même envie d'essayer. Ca vaut le meilleur coup du monde, non?

Quoiqu'il m'arrive, je penserai à vous en souriant.
TaVu jlach mon com :)
Commentaire n°2 posté par Michael le 08/10/2009 à 19h16
Je pense que j'ai dû mal m'exprimer dans mon billet. L'idée est que l'article du monde dépeint une situation catastrophique sur la base de témoignages. Je ne dis pas que des situations précaires n'existent pas. Elles existent et dans certaines sections j'ai l'impression qu'elles sont plus présentes qu'ailleurs. Mais heureusement pour beaucoup c'est la "belle vie". On se plaint (à raison) de la surcharge de taches administratives, des heures sup contraintes, des salaires qui ne suivent pas l'inflation mais le métier est merveilleux et pour ma part je ne l'échangerai pour aucun autre, même pour un salaire double.
Réponse de M le Prof le 09/10/2009 à 10h44
Vu de l'angle du candidat…

Si c'est pour viser le poste d'enseignant chercheur pur et dur ça peut marché, si c'est pour contribuer a son échelle a répondre a des questions que l'on trouve intéressante dans sa discipline, on choisis alors les questions intéressantes plus que les poste (Tout en faisant un peu de tactique des le DEA histoire de choisir le groupe qui va prendre un thésard plutôt que celui qui n'en prendra pas)

La qualification multi-discipline, ça reste délicat sauf des cas particulier, Par exemple je ne suis pas météorologue, pourtant la semaine prochaine (normalement) on me livrera une station météo, que je doit testé, programmer et monter sur site car je souhaite savoir dans quelle mesure la météo dégrade nos mesures.
Puis-je pour autant demander une Qualif en météorologie ? pas si sur !

Sur le taux de disparition, il faut pas oublier deux choses, changer de sujet ca demande un peu de temps avant d'avoir quelque chose a raconter a une éventuelle commission de spécialiste, sans parler d'expliquer a un patron que l'on vient de rejoindre que cette semaine on ne travaillera pas pour lui car on est dans les dossier de recrutement.
Vu du coté d'une commission, sans même accusez de localisme, entre quelqu'un qui utilise depuis 5 ans la même technique que le groupe qui recrute et quelqu'un qui devra se formé, ca suffit a empecher de postuler sur tous les postes ouvert dans sa section.
Au final c'est rapide de se retrouver en sachant que sur les n postes ouvert il en reste un seul sur lequel on aurait des chances supérieures a zéro si il n'y avait pas un candidat local… Bref c'est pas car quelqu'un ne postule pas un an qu'il sort du circuit.

Sur les salaires, faut dire ce qui est les salaires Français sont bas (certe les impôt aussi donc au final on ne perd pas tant que ca en devenant MdC)
Par contre un salaire de 1/2 ATER c'est pas terrible du tout, il faut le dire !
Les vacations sont payée entre 3 et 6 mois après ce qui peut être problématique pour ceux qui n'ont rien d'autre.
Commentaire n°3 posté par Post-Doc le 08/10/2009 à 19h42
C'est bien ce que je dis dans le billet, cela ne concerne que les gens pour qui "la fin justifie les moyens". Mais ceci dit, mis à part certaines disciplines très pointues, la plupart des questions de recherche peuvent se développer dans plusieurs sections CNU. Au candidat de sélectionner la section qui offre le plus de probabilité d'embauche.

Pour le cas de votre exemple de météo. Ce qui est important c'est de publier dans le domaine et si possible d'obtenir des cours. J'ai des connaissances qui ont fait des revirements de situations dans des sections proches mais également assez éloignées. Par exemple, un ami a commencé sa thèse en 60 mais s'est finalement fait qualifier en 61. Là vous allez me dire, c'est pas très éloigné. J'ai aussi le cas d'un 74 (STAPS) vers un 06 (Gestion) la question de recherche était quasiment la même : comprendre le pratiquant / le client (selon la section) d'un sport. Ceci a été possible car les interessés ont publié dans des revues de la section visée et réussi à obtenir des TD à assurer dans les matières concernées.
Pour la commission de spécialistes ou le comité de sélection c'est clair qu'il faut anticiper et si possible obtenir les fameux cours/td dans l'université visée.

Pour le salaire 1/2 ATER oui c'est pas beaucoup, mais ce n'est pas une surprise, on le sait avant de se lancer en thèse. Personne n'oblige les gens à faire une thèse. Il faut en passer par là... Personnellement j'ai été 1/2 ATER pendant deux ans. C'était la galere mais j'en suis pas mort. Je connaissais la règle du jeu.
Réponse de M le Prof le 09/10/2009 à 10h21
Mais à quoi ça sert la qualification du CNU ? D'accord, ça donne le droit de participer à la campagne de recrutement ... mais alors ça veut dire que le doctorat ne suffit pas ?
Commentaire n°4 posté par Rachel le 08/10/2009 à 20h20
tout à fait, le doctorat est une condition mais il ne présume pas de votre capacité à publier, à prendre des responsabilités administratives ou tout simplement à faire cours. C'est pour cela qu'on envoie au CNU la liste des cours assurés, des responsabilités et des publications.
Réponse de M le Prof le 09/10/2009 à 10h03
Vous allez faire peur aux générations futures ... Je viens de m'engager dans une thèse en gestion (ouf) et pourtant je trouve votre article très négatif. C'est un si mauvais choix que ca de faire un doctorat ?
Commentaire n°5 posté par Matt le 08/10/2009 à 20h36
Ce n'est pas du tout le but de ce billet. L'article du Monde dépeint une situation calamiteuse de personnes se retrouvant dans une vraie précarité après 8 ans d'études. Ce que je dis, c'est que oui c'est possible, il y a un risque et ce risque n'est pas le même dans toutes les sections. Donc pour ceux qui aiment plus ou moins le risque, il est important de connaitre les statistiques pour savoir où l'on met les pieds
Réponse de M le Prof le 09/10/2009 à 09h47
"
2 - j'ai moi même connu cela. Et j'ai fait ce que vous n'avez pas fait : je me suis adapté au "conservatisme ambiant" au niveau principalement des enseignements. J'ai adapté mes travaux à ceux du labo, ce qui ne m'empeche pas de travailler en parallèle sur mon thème de prédilection et à "éveilleré de plus en plus les étudiants à ce thème et obtenir des responsables de formation que l'on fasse des UE spécialement dédiées. Cela prend du temps, mais il faut se battre."


Etant donné que vous ne semblez pas connaître ma discipline, je ne vous jette pas la pierre, mais franchement, il faut que vous réalisiez que ce n'est pas toujours possible. Ce n'est pas un problème de "changer de thème", c'est un problème de discipline entière. Quand vous êtes à l'interface physique biologie, vous n'êtes pas physicien et biologiste pour le français moyen, vous n'êtes ni l'un ni l'autre. Alors vous pouvez toujours faire semblant devant la commission de spécialiste, certes, mais si un département de physique n'a aucun intérêt pour le cycle cellulaire de la levure et que c'est votre thème de recherche depuis 5 ans, je ne vois quelles sont vos chances d'"adapter" vos thèmes de recherche. Quant aux biologistes, si vous avez fait des modélisations mathématiques du même cycle cellulaire pendant 5 ans, ils ont toutes les chances de vous dire que vous n'avez pas découvert de nouveaux gènes et que c'est donc inintéressant. Dans les deux cas, vous l'avez dans l'os !
Commentaire n°6 posté par Tom Roud le 09/10/2009 à 14h00
Le petit MCF que je suis - en attente de titularisation - aimerait bien gagner 2000/mois, en net. Pour le moment, c'est péniblement 1700, puisqu'on en est à compter ce genre de choses...
Commentaire n°7 posté par marc le 09/10/2009 à 14h20
Bonjour,

En licence, un des mes enseignants de climatologie essayait de me dissuader de faire une thèse, considérant qu'il n'était pas assez rémunéré et que je le serai encore moins.

En master, donc l'an passé, mon tuteur de mémoire m'explique qu'il faudrait autant que possible que j'essaie d'être chercheur, et non EC, lui estimant que les EC sont simplement "pas assez bons" pour ne pouvoir se consacrer à la recherche.

Néanmoins, j'entame le M2 cette année, mon envie de devenir EC est toujours aussi présente, pour de nombreuses raisons. Avec votre article, j'ai appris foule de choses. Déjà, je ne pensais pas qu'il y avait des sections précises pour chaque morceaux de science. Où trouve-t-on toutes les sections existantes ? Je suis curieuse de savoir vers quelle section je me dirige et en connaître les statistiques.

Aussi, pour ce qui est du salaire, je suis assez étonné. Autant je savais que le salaire d'un MC(F) était aux alentours de 2000€, je pensais que le salaire d'un ATER serait moins élevé. Personnellement, si j'ai la chance de le faire, je ne me priverai pas de 1700€. Ce serait vraiment génial, enfin pour moi. Oui, ce n'est pas cher payé me direz-vous, mais chacun réagit en fonction de son histoire personnelle, et pour moi c'est énorme.

Vous dites qu'il est possible d'aller dans le privé après un doctorat. Mais comment la qualification est-elle prise en compte ? Après tout, la thèse est différente pour chacun, comment une peut-elle être sûre de nos compétences ? Oui j'avoue, je commence à stresser ... la fin est proche.
Commentaire n°8 posté par Emilie le 09/10/2009 à 14h29
Réponse à Tom: c'est pour ça qu'après coup je ne suis pas sûr que partir à l'étranger soit Ze good idea. Pas dans l'optique de s'ouvrir l'esprit, voir du pays et voir comment la recherche se fait ailleurs, mais dans l'optique "la fin justifie les moyens", eg choper un poste.
Tous les faux candides français te disent "mais ouais va faire un post-doc aux US, tu vas apprendre plein de choses et c'est tout bon pour ton dossier" et une fois qu'ils sont en commission, ils préfèrent prendre machin qu'est pas trop sorti des sentiers battus (Saclay et Sainte-Geneviève en gros). Surtout que beaucoup de chercheurs franco-français ne connaissent que deux noms de Profs aux US, Harvard et le MIT et que si tu n'est pas allé dans un de ces endroits la ils ont l'impression que tu as été dans l'équivalent de l'Université du haut-poitou.
Commentaire n°9 posté par mixlamalice le 09/10/2009 à 15h17
Bonjour,
Ce que montre parfaitement bien votre billet, c'est que la situation n'est pas uniforme. Les taux de réussite à l'embauche varient réellement d'une discipline à une autre.
Je ne parlerai que de ce que je connais bien : les sciences sociales.
L'article du Monde, je l'ai lu également, et ma première réaction a été : "ah mais alors il n'y a pas que dans mon université qu'il y a autant de précaires ?!".
J'ai eu la grande grande chance (et j'en mesure de plus en plus l'ampleur) de bénéficier d'une allocation de recherche ministérielle, avant de devenir ATER. Mais à côté de moi, je vois d'anciens doctorants - nouveaux docteurs qui continuent indéfiniment à être vacataires.
Et c'est là que je voudrais aller plus loin que l'article du Monde qui ne fait que dénoncer et que votre billet qui en fait tente d'expliquer...
Si autant de vacataires sont recrutés, c'est qu'on a besoin d'eux, et qu'on estime qu'ils sont compétents. S'ils sont compétents pour être enseignants, pourquoi donc ne sont-ils soit pas qualifiés, soit pas recrutés ? Manque de poste, ok. Manque d'argent, ok.
Mais ça va durer combien de temps ? C'est quand même affligeant (c'est mon sentiment) de maintenir autant de personnes dans une situation précaire. Ne faudrait-il pas changer un peu le système ? Facile à dire, pas à faire. Et effectivement, je n'ai que peu de solutions réalistes en tête.
La création d'un nouveau statut, ou la refonte du statut d'enseignant-chercheur est quasi impossible, dans la mesure où il est protégé par la constitution... mais aussi parce que le milieu souffre, d'après ce que j'observe, d'un conservatisme plutôt... dépassé !
À côté de tous ces précaires donc (et dans mon université il y en a beaucoup !), il y a les enseignants qui cumulent activités de service public et activités de consulting, ou autres activités libérales... Et pour qui donc le traitement mensuel, si peu élevé aux vues du nombre d'années d'études, ne représente que de l'argent de poche, ou encore un peu de sécurité et stabilité financière.
Beaucoup de MCF ou PR de droit par exemple, sont également avocats... J'ai peur, parfois, d'être la seule à trouver cela anormal ! Non qu'ils ne puissent pas enseigner en étant avocats (ils en ont même l'obligation). Ce qui me dérange, c'est que le poste de la FONCTION PUBLIQUE qu'ils occupent pourrait être occupé par quelqu'un de tout aussi compétent qui attend un poste...
Ce que je veux dire par là, c'est qu'à mon avis il faudrait bel et bien repenser le statut d'EC. De très bons chercheurs ne font pas nécessairement de très bons enseignants, et vice versa. Par ailleurs, il faudrait revaloriser le traitement pour qu'il corresponde un peu plus à l'expertise attendue... mais aussi pour éviter la tentation de "compléter ses revenus" en exerçant une activité parallèle... Et enfin, en ce qui concerne la revalorisation du doctorat, il revient à chacun, je pense, de mettre en avant les compétences que la préparation d'une thèse a permis de développer. Aucune loi ni aucune réforme du doctorat ne changera d'un coup les mentalités !!
Tout un programme...
Commentaire n°10 posté par Sabam le 09/10/2009 à 15h25
@Matt @emilie
Un mauvais choix de faire une thèse, si vous avez une allocation de recherche où un autre financement sérieux (BDI/Bourse région/CIFRE etc…)
Non, c'est outrer l'occasion de faire de la recherche dans un champ donné de développer beaucoup de compétences annexes (Informatiques, statistique, communication en Anglais par exemple) Et d'avoir une expérience professionnelle réelle a défaut d'être reconnue par le monde du travail.
De ce point de vue là c'est pas perdant quoi qu'il arrive, et ça vaut mieux que de trouver un poste peut intéressant dans le privé au niveau Master.
Après la thèse, intégré l'industrie ne me parait ni impossible ni une mauvaise idée, a moins d'avoir un sujet très industriel (Si vous avez travailler sur des calculs de réponse d'antennes applicable aux téléphones portable ça passe), vous finirez probablement par travailler dans vos domaines annexes plutôt que dans votre spécialité pure et dure

Les gens que je connais qui sont partit dans l'industrie ont trouvé un travail facilement et rapidement (moins de 6 mois entre la soutenance et le début du contrat)

Après, continuer faut savoir aussi qu'il y a des défauts, salaire pas terrible, précaire jusqu'à 30 ans, beaucoup de travail (35h parfois c'est fait le mercredi soir)
Commentaire n°11 posté par Post-Doc le 09/10/2009 à 18h47
Salut,

Perso j'ai une thèse, avec beau jury et mention maximale, je suis qualifié, j'ai des publis dans des revues scientifiques et chez plusieurs grands éditeurs. Et d'autres diplômes que mon doctorat. Je ne suis pas le tout meilleur mais je fais partie des très bons dossiers.

Je souris quand je lis les plaintes de ceux qui gagnent 1700 euros par mois. J'ai 33 ans et je galère avec 800 ou 1000 par mois (habitant à Paris), sans certitude pour le mois suivant puisque je cumule les plans one shots à droite à gauche dans mon milieu (vulgarisation). Et je dois continuer la recherche, la participation à des projets communs (non rémunérés bien sûr) pour ne pas me couper du milieu et être toujours dans la course pour un éventuel poste. Vous avez dit intello précaire ? :-) (smiley qui rit jaune)

Pour moi le demi-Ater était luxueux.

Pierre Dupont
Commentaire n°12 posté par Pierre Dupont le 09/10/2009 à 20h12
Cher Prof, je n’arrive pas à me convaincre que cette étape de qualification soit réellement nécessaire. On pourrait se dire que l’objectif est de réduire les flux aux concours mais on s’aperçoit qu’en réalité les pratiques sont très diverses selon les sections, et donc manifestement il n’y a pas de directives nationales bien spécifiques. En conséquence on est obligé de se poser la question sur l’égalité des chances d’un candidat devant un concours et votre analyse montre bien une grande disparité selon les disciplines et je trouve cela un peu injuste. Le principe d’égalité des chances se trouve ici un peu malmené.

On peut se dire aussi que le CNU vérifie que le candidat potentiel a fait de l’enseignement et a publié, mais tout cela peut être vérifié rapidement aussi par l’examen des dossiers au concours. Pour l’aspect administratif, je doute fort que cela soit une préoccupation du CNU pour les qualifications d’un MCF, faut tout de même pas exagérer. Par ailleurs certains candidats n’ont pas fait d’enseignement et c’est aussi très discutable de mettre une barrière à ce stade. Dans ce cas, autant interdire les candidatures pour les personnes qui n’ont pas fait d’enseignement. Mais faut-il avoir fait de l’enseignement pour faire de l’enseignement ?

Enfin, dans le cadre de l’autonomie des universités, cela pose un problème de fond. Le CNU peut donc bloquer l’accès au concours pour certains candidats et il le fait sans même savoir les profils de postes au concours. Il se peut qu’une université veuille recruter une perle rare, qui sort fortement du moule et donc ne sera pas qualifié. Ainsi l’université perd la possibilité d’un bon recrutement à cause d’une instance nationale qui a fait un tri sans aucune préoccupation des besoins. De plus la qualification est une procédure annuelle alors que les universités peuvent recruter « au fil de l’eau ». Tout cela n’est pas cohérent.
Commentaire n°13 posté par Rachel le 10/10/2009 à 10h35
Bonjour,

Pour répondre à Rachel, je pense qu'une fonction importante du CNU est d'éviter des recrutements locaux injustifiés.

Dans mon labo, un doctorant assez moyen mais bien intégré (PAST) était fortement pressenti pour être recruté... mais, n'ayant pas publié, il n'a pas été qualifié, et n'a donc pas pu être recruté.

Un recrutement d'un docteur non local a donc été nécessaire... et je pense profitable.
Commentaire n°14 posté par Jo le 10/10/2009 à 12h30
Jo,
Vous voulez dire que votre labo était prêt à faire un recrutement médiocre ? Mais quel est l’intérêt de faire un recrutement médiocre ? Je voudrais aussi attirer votre attention sur le fait que les commissions de recrutements (appelés comités de sélection) ont été mises en place pour éviter le cas de figure que vous citez. Ces comités de sélection comportent au moins 50 % d’extérieurs. Ainsi là encore je vois un doublon dans le rôle que joue le CNU. Si votre composante ou université pense qu’un recrutement non local est profitable, alors qu’elle édite ce critère de façon transparente. Mais cela ne me semble pas nécessaire de faire reposer cela sur une structure nationale qui prend des décisions sans même savoir quels sont les critères de recrutement locaux.
Commentaire n°15 posté par Rachel le 10/10/2009 à 13h11
Rachel, l'intérêt d'un recrutement médiocre de quelqu'un qu'on trouve sympa? Bah, les gens préfèrent souvent recruter des gens qu'ils connaissent. Recruter quelqu'un de très compétent ne leur apporte pas forcément un +, il risque de les mettre face à leur médiocrité et pourra passer prof avant eux. Ce n'est pas une généralité, mais ça peut arriver, c'est pour ça que la liste de qualification existe. Le recrutement va se faire avec de nouvelles instances plus réduites remplaçant les commissions de spécialistes et à la botte du président d'université. Il est prévu qu'il y ait encore + de magouilles locales. S'il n'y avait plus de listes de qualification, ça serait la porte ouverte à toutes les magouilles.
Sinon, bien vu cet article mais attention, apparemment il y a beaucoup de postes MCF en section 06 mais pas de postes de profs, ça ne marche que pour les jeunes...
Commentaire n°16 posté par Marie le 10/10/2009 à 16h37
Marie, pensez-vous que le CNU est exempt de « magouilles » ? Vous dressez un panorama un peu noir de l’université en termes de recrutement. C’est gentil de préciser que ce n’est pas une généralité. Si pour les qualifications le rôle du CNU consiste juste à éviter quelques « magouilles », je pense que c’est bien triste de passer autant d’énergie pour ça. Une autre idée serait d’éduquer un peu les gens, les sensibiliser aux concepts de la responsabilité et d’objectivité.
Commentaire n°17 posté par Rachel le 10/10/2009 à 18h28
En plus de la théorie, il y a aussi la méthode expérimentale. À savoir mesurer le temps qui s'écoule entre la soutenance de thèse et le recrutement. Là aussi, les chiffres sont publics, et on peut les mettre dans des jolies courbes :

http://n.holzschuch.free.fr/dotclear/index.php?2009/06/20/176-tensions-sur-le-marche-de-l-emploi-universitaire

La conclusion ? Il y a nettement intérêt à faire une thèse en informatique ou en Pharmacie, plutot qu'en biologie... (pour ce qui est des sciences dures).

Pour ceux qui aiment bien les courbes, on peut voir le nombre de qualifiés par poste par section du CNU ici :
http://n.holzschuch.free.fr/dotclear/index.php?2009/06/23/177-tensions-sur-le-marche-de-l-emploi-universitaire-2

Et la même chose en groupant les disciplines par grand ensemble (après tout, un qualifié en 01 peut tenter sa chance en 02, ou un qualifié en 25 a toutes ses chances sur un poste en 26) :
http://n.holzschuch.free.fr/dotclear/index.php?2009/06/23/178-tensions-sur-le-marche-de-l-emploi-universitaire-3
Commentaire n°18 posté par N. Holzschuch le 10/10/2009 à 19h13
Rats.
J'avais oublié la série de courbes la plus importante :
http://n.holzschuch.free.fr/dotclear/index.php?2009/07/03/181-les-disciplines-qui-recrutent-rapidement-apres-la-these-et-les-autres

(groupé par grandes disciplines, ce qui est plus utile au moment de choisir sa licence... )
Commentaire n°19 posté par N. Holzschuch le 10/10/2009 à 19h23
Vous pensez réellement que « La section 15 (Langues et littératures arabes chinoises, japonaises, hébraïques) permet l’évaporation dans les métiers de la diplomatie et de l’interprétariat (39,2% d’évaporation). » ? Je crois que, dans ces métiers, et pour ces domaines, la concurrence est encore plus forte que pour postuler à l'université. Si nos étudiants, et les docteurs, s'évaporent, ne serait-ce pas plutôt en renonçant, ou parfois en vivotant tant bien que mal dans les pays concernés ? On se pose déjà pas mal de cas de conscience devant d'excellents masters soutenus même dans nos provinces reculées, alors qu'il y a déjà la suprématie parisienne... (que va accentuer notre chère ministresse).
Commentaire n°20 posté par Yves Madiran le 10/10/2009 à 20h06
Moi je suis en lettres, pire : en latin, donc dans un domaine où dire que les postes ne sont pas légion est vraiment un doux euphémisme.

Maintenant, j'ai une ( grande ) chance : j'ai réussi à intégrer Normale Sup'.

Ça n'empêche pas qu'on nous fait très bien comprendre qu'il faut absolument passer les concours de l'enseignement. C'est bien simple, même à Normale, si vous n'avez pas l'agrèg', pour les bourses de thèses, vous passez en tout dernier, donc vous n'avez rien. Même chose à la fac pour qu'on vous prenne en M2 ( enfin, avec cette réforme absurde, ça va sans doute changer ), puis en thèse : personne n'a envie de faire de vous un futur chômeur et on vous le dit gentiment, mais clairement.

Pour ce qui est du salaire, il me semble que quand on veut gagner des mille et des cents, on ne se lance pas dans la recherche, surtout en France... Après, évidemment, on a d'autres avantages, mais celui-là, il ne faut pas trop y compter et ne pas pleurer ensuite comme si on n'était pas au courant de la situation...
Commentaire n°21 posté par Lina le 10/10/2009 à 21h00
Dans le même temps, il est devenu très difficile de recruter un thésard dans certaines disciplines ou sous-disciplines, alors même qu'il y a des financements de thèse, de bonnes possibilité de publication, voire de postes...
Commentaire n°22 posté par DM le 12/10/2009 à 11h26
@lina: Si je peux me permettre une formule lapidaire:

Il me semble qu'un des problèmes de l'ENS-Ulm côté lettres est qu'elle fait miroiter aux étudiants de brillantes carrières universitaires au sein de l'« élite de la France », alors que dans les faits une proportion non négligeable se retrouve envoyés enseigner dans des collèges de banlieue. C'est du gâchis, au regard du niveau de formation, et ça produit des aigris.
Commentaire n°23 posté par DM le 13/10/2009 à 13h27
@DM : "portion non négligeable", je ne sais pas, mais, pour autant que je le sache, de moins en moins d'élèves sont obligés ou choisissent d'enseigner dans le secondaire, alors que c'était la vocation première de l'Ecole.

La différence, c'est que, normalement, pour enseigner à la fac, il n'est pas nécessaire d'avoir l'agrégation : c'est une réalité pour les disciplines scientifiques ; c'est très très théorique pour les littéraires : si vous ne l'avez pas, vous passerez après ceux qui l'ont, donc, sauf exceptions très ponctuelles ou hyper spécialisation faisant qu'il n'y a que vous qui travaillez sur tel sujet, vous ne serez pas pris. L'obtention de l'agrèg' est un des critères de recrutement ; il faut le savoir, c'est tout.

Désolée pour la réponse tardive, je n'ai pas reçu de mail de notification...
Commentaire n°24 posté par Lina le 20/10/2009 à 09h18
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Commentaire n°25 posté par dissertation le 20/10/2009 à 10h38
Tout va bien M le Prof ?
Vos billets nous manquent !
Commentaire n°26 posté par jo le 29/10/2009 à 19h43
On explique souvent cet attachement des « littéraires » à l'agrégation, même pour enseigner à l'université, par l'hyper-spécialisation des formations : quelqu'un peut faire sa maîtrise, son DEA (pardon, M2) et sa thèse sur le même sujet avec le même directeur, et comme il n'y a pas de notion de laboratoire et de travail collégial, finalement avoir une vision super pointue sur un sujet précis et ses alentours, et rien ailleurs. L'agrégation permettrait de compenser cela en raison de son exigence de connaissance d'un large programme.

Certains domaines scientifiques, comme les mathématiques, préfèrent les agrégés, sauf les gens tellement géniaux qu'on les prend sans cela.

Le problème de la spécialisation des enseignants sur leur domaine de recherche est réel. En informatique, on trouve parfois des candidats qui maîtrisent tel ou tel domaine théorique mais savent à peine programmer - or la quasi totalité des maîtres de conférence doivent enseigner la programmation, parce que tout simplement c'est là qu'on a beaucoup d'étudiants.

Pour en revenir à l'ENS, j'ai le souvenir d'un certain nombre d'aigris : après avoir obtenu l'agreg et foiré leur thèse ou leur demande de bourse de thèse, on les a envoyés professeurs en collège ou lycée.
Commentaire n°27 posté par DM le 30/10/2009 à 17h00
Pour répondre à Rachel au sujet du CNU: les critères de sélection au niveau de l'enseignement sont tout à fait légitimes. Si on parle d'exercer le métier d'enseignant-chercheur pourquoi ne prendre en compte uniquement la production scientifique? Cette fonction est double, non? je pense aussi que toute personne qui désire ardemment faire ce métier devrait avoir en tête que les deux fonctions sont liées et devraient dans l'idéal se nourrir l'une de l'autre et ce, à plusieurs niveaux.
Pour ma part, j'ai eu la grande chance de pouvoir enseigner à l'Université mais aussi dans d'autres centres de formation auprès de divers publics. Et mon attrait pour l'enseignement m'a conduit à accepter des charges de cours bien éloignées de mon domaine de recherche mais qui m'ont aussi permis d'être recrutée en tant qu'ATER à temps plein!
Cette expérience assez riche en termes d'enseignement et mes publis devraient me permettre d'être qualifiée. Cependant ce n'est que la première étape dans la course. Pour envisager un potentiel recrutement, il faudrait un post-doc au moins.
Finalement, la qualif c'est quand même le premier jalon qui garantit des critères de sélection assez objectifs, je pense pour une section donnée.
Commentaire n°28 posté par chani le 05/11/2009 à 23h40
Chers collègues, chers lecteurs,

Sur l'école, Marine le pen vient de s'exprimer. J'ai été agréablement surprise, moi qui ne l'avais jamais entendue sur ce sujet. J'avoue, je diffuse ! Qu'en dites-vous ?

cf http://www.dailymotion.com/video/xb3px4_marine-le-pen-refonder-lecole_news
Commentaire n°29 posté par Juliette le 11/11/2009 à 20h21
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Commentaire n°30 posté par dissertation le 21/11/2009 à 08h14
Bonne continuation
Commentaire n°31 posté par Rozéfré le 01/12/2009 à 14h40
Cela devient inquiétant le manque d'article!
Commentaire n°32 posté par Alexis le 06/12/2009 à 16h17
Monsieur LeProf Defac, vous nous manquez ! je surveille scrupuleusement votre blog tous les jours, pas le moindre petit article... pourtant vos écrits sont toujours très intéressants et agréables à lire !
Commentaire n°33 posté par Flora le 07/12/2009 à 20h14
Il y a à nouveau de la vie sur le Facebook de Mr le Prof ! ...Un peu d'espoir d'avoir un nouvel article dans les jours qui viennent ?
Commentaire n°34 posté par Jo le 13/12/2009 à 09h58
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Commentaire n°35 posté par western civilization dissertation le 05/01/2010 à 13h08
Je me suis arrêtée au master 2 droit public pour toutes ces raisons et j'ai continué mes études au sein d'un IEJ. Je ne le regrette pas!
Commentaire n°36 posté par lilousine le 10/01/2010 à 03h18
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Commentaire n°37 posté par Penis Size le 01/02/2010 à 19h35
Besoin d'un fou rire ? http://www.fous-rires.com
Commentaire n°38 posté par Pluto DINGO le 21/02/2010 à 07h36
Avoir le statut de maître de conférence est essentiel, c'est être au top. Votre article stipule le salaire d'un MCF, c'est utile pour ceux qui ne connaissent par leur valeur. Ceci influera sûrement leur comptabilité personnelle.
Commentaire n°39 posté par externalisation comptabilité le 19/03/2010 à 12h24
Bonjour,

Merci pour votre blog; je vous propose de découvrir mon site, http://ecole-publique.fr/ qui tente de rassembler des lieux et des moments qui façonnent l'école publique aujourd'hui.

N'hésitez pas à participer et à alimenter cette plate-forme.

À bientôt

J. Ferrer-Bartomeu
Commentaire n°40 posté par Ferrer-Bartomeu le 21/03/2010 à 17h40
Je suis tout à fait d'accord avec Tom Roud.


« Cependant, une fois passée la lecture de cet article et malgré mon empathie naturelle. Il vient ensuite des questions sur les choix qui ont conduits ces docteurs à l’impasse dans laquelle ils se trouvent. »
Vous êtes extrêmement cynique.


« Attention, je ne dis pas, c’est bien fait pour eux, ils avaient qu’à y réfléchir. »
« Mais il est étonnant que certains s’offusquent de leur salaire d’ATER. Avant de commencer une thèse on peut tout de même se renseigner sur les salaires ! »

Vous voulez donc dire que c'est bien fait pour eux, ils auraient dû se renseigner avant. Merci pour la nuance. Vous croyez dur comme fer à l'idéologie de la responsabilité individuelle. Finalement, la précarité, ce n'est pas tant un phénomène de société que des individus qui ont fait les mauvais choix. Mais bien sûr. Et si je vous dis que j'étais au courant de la précarité dans laquelle étaient plongés bon nombre de doctorants et jeunes docteurs dans ma discipline (la sociologie) avant même de m'engager en thèse, me direz-vous que c'est de ma faute si aujourd'hui je suis moi-même dans une position précaire ? Est-ce que je n'ai plus le droit de m'indigner de cette précarité parce que finalement je l'aurais choisie ? J'ai toujours et je resterai toujours indignée par la précarité, quelle que soit ma situation.


« Mais quand même, je pense qu’on peut au moins tenter de s’orienter de manière à limiter les dégâts. [...] On peut faire des efforts d’orientation de manière à avoir un poste. »

Responsabilité individuelle bis. Il faut que les individus fassent des efforts, c'est de leur responsabilité, qu'ils ne viennent pas se plaindre après ! Est-ce que vous me conseillez de faire une thèse ou de me faire qualifier en économie ? En psychologie ? En gestion ? En anglais ? Sachant que je n'ai jamais touché aux trois premières disciplines et que je ne suis pas persuadée que mes maigres connaissances de DEUG dans la quatrième discipline suffisent, me conseillez-vous de suivre des cours de remise à niveau dans l'une de ces disciplines pour pouvoir pondre une thèse ? J'ai toujours voulu faire de la sociologie. Pour moi la recherche c'est la sociologie, c'est ça qui me plaît, c'est dans cette discipline que je veux découvrir des choses. Je ne suis pas du tout fermée aux autres disciplines car les sciences humaines s'enrichissent mutuellement, mais de là à pouvoir faire une thèse qualifiée de thèse de psycho, d'éco ou de sciences du langage, faut pas non plus exagérer. Alors quoi ?
Eh bien moi je ne vais faire aucun effort et je vais me plaindre, ne vous en déplaise. Je critique le système tel qu'il est actuellement et la dévalorisation des sciences humaines. Je n'ai pas l'intention de me lancer dans une opération marketing pour me vendre au plus offrant. C'est pas pour ça que j'ai choisi la recherche.
Commentaire n°41 posté par Mona Zegai le 05/04/2010 à 05h33
intéressant
Commentaire n°42 posté par femmes 1900 le 16/05/2010 à 20h25
Je viens de parcourir un grand nombre des posts de ce blog et je vous remercie pour ce lot d'informations.
J'ai cependant quelques questions. Est-ce que le procédure de qualification pour le processus de recrutement tend à favoriser les doctorats français? Est-ce raisonnable de partir faire son doctorat dans une science sociales dans un pays étranger (UK, à tout hasard), mais en espérant obtenir un poste de MCF en France?
Cordialement,
TPH
Commentaire n°43 posté par TPH le 06/03/2012 à 15h50

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