Jeudi 8 octobre 4 08 /10 /Oct 15:49

Mardi le site du journal Le Monde a publié un article intitulé « Malaise à l’université ». Cet article est une liste de témoignages, censée j’imagine, montrer la grande précarité dans laquelle se trouvent bien des docteurs qui ne parviennent pas à obtenir le sacro-saint statut de maître de conférences (MCF).


La procédure qui permet de devenir MCF est déjà un exercice de style assez compliqué, possédant ses propres règles. Je ne reviendrai pas là-dessus d’ici la prochaine campagne de recrutement en 2010. Pour une description de la procédure, j’ai déjà rédigé un billet (voir ici).


Cet article du Monde décrit donc, des situations de post-doc, de vacations, de salaire de 1700eu/mois à bac+10 (sic ! pour la personne qui a sorti ça, il faut savoir qu’on ne compte pas les redoublements et qu’un doctorat ne sera jamais plus qu’un bac+8, je connaissais un garçon comme ça qui comptait bac+3 sa 3ème première année de fac…), d’un docteur en science politique qui se trouve au RSA avec 500eu/mois. En bref, des situations réellement problématiques pour les intéressés.


Cependant, une fois passée la lecture de cet article et malgré mon empathie naturelle. Il vient ensuite des questions sur les choix qui ont conduits ces docteurs à l’impasse dans laquelle ils se trouvent. Attention, je ne dis pas, c’est bien fait pour eux, ils avaient qu’à y réfléchir. Loin de là. Le but de ce billet est davantage de préparer les étudiants qui souhaiteraient se lancer dans une thèse pour devenir ensuite MCF à prendre en considération un certain type de données qui est pourtant à la disposition de tous, et peut-être éviter un mauvais choix.


Alors bien entendu. Le principal point abordé est le salaire. Là, je ne m’étendrai pas car j’ai déjà fait un billet (voir ici). Mais il est étonnant que certains s’offusquent de leur salaire d’ATER. Avant de commencer une thèse on peut tout de même se renseigner sur les salaires ! Vous irez consulter le billet mais à la louche, un ATER plein temps gagne 1608eu/net par mois et un MCF gagne maintenant autour de 2000 net/mois en début de carrière. Vous voilà prévenus !

Mais ce qui ressort de ces témoignages, c’est la surprise ou le désespoir vis-à-vis du manque de postes. Et c’est vrai : des postes il n’y en a pas tant que cela. Mais quand même, je pense qu’on peut au moins tenter de s’orienter de manière à limiter les dégâts.


Le CNU met à la disposition de tout le monde des statistiques sur le nombre de docteurs ayant demandé à être qualifié au poste de MCF, le nombre de docteurs finalement qualifiés. Le nombre de docteurs qualifiés se présentant à la campagne de recrutement. Et finalement le nombre de poste ouverts dans les universités. Vous trouverez tous ces chiffres ici.

Ce que je retiens de ces chiffres – je sais que je vais énerver du monde en écrivant cela, mais ce n’est pas très important, c’est bien à cela que sert un blog je pense, à confronter des idées – c’est qu’on peut faire des efforts d’orientation de manière à avoir un poste.


Alors avant toute chose, il faut bien être d’accord sur un point : je me mets dans la peau de quelqu’un qui veut un poste à tout prix. En d’autres termes : la fin justifie les moyens. Mais je conçois que certains ne veulent absolument pas déroger à certaines règles de vie et ne voudront pas aller dans telle discipline non pas par manque de connaissance mais par conviction.

Je pense que lorsqu’on a fait 8 ans d’études (et 10 pour certains !) c’est effectivement une vraie gabegie que de se retrouver sans emploi et dans des situations précaires alors qu’on a œuvré pour avoir un emploi stable et intéressant. Comment passe t’on du statut d’élève brillant qui réussit ses études à trentenaire sans aucune expérience ne parvenant pas à décrocher un emploi qualifié ? Il y a tout une mécanique dont il faut absolument connaître l’existence. Encore une fois ce billet n’est pas là pour donner des leçons mais pour avertir les étudiants qui se lancent dans la thèse.


Le taux de qualification.


Tout d’abord avant toutes choses, une fois le doctorat en poche, il faut que le CNU qualifie le candidat, c'est-à-dire lui donne le droit de participer à la campagne de recrutement. Cette qualification est valable 4 ans. Toutes les sections ne sont pas égales quant aux taux de qualification. Si je regarde les extrêmes, d’un côté il y a des sections qui qualifient très peu :


Par exemple, sur la période 2005-2008, en quatre ans, la section 2 (droit public) a qualifié 205 docteurs sur les 926 qui en ont fait la demande. Soit un taux de 22,14%. Moins d’un candidat sur quatre est qualifié.  Vient ensuite la section 1 (droit privé – vous noterez que niveau qualification les juristes ne sont pas à la fête) avec 30,21% (345 qualifiés sur 1142 demandes) soit environ un candidat sur trois. Ce qui est comparable avec la section 71 (science de l’information et de la communication) 30,89% ou encore la section 10 (Littératures comparées) avec 31,34%

A l’extrême opposé, les sections qui qualifient tout le monde ou presque. C’est le cas de la section 30 (Milieux dilués et optique) qui en 4 ans a qualifié 828 docteurs sur les 961 qui en ont fait la demande (86,16%) ou la section 34 (Astronomie, Astrophysique) avec 81,20% (324 qualifiés sur 399).


De manière générale, les sections dites de « Science » (sections 25 à 69) qualifient plus facilement (65,47% soit 23 300 qualifiés en quatre ans sur 35 591 demandes) que les sections dites de « droit » (sections 1 à 6) qui sont à 38,21% avec beaucoup moins de dossiers (seulement 6 sections) : 2 029 qualifiés pour 5 310 demandes.

Alors bien entendu, quand je dis qu’on peut faire des ré-orientation. Cela reste limité. Quelqu’un qui en quatrième année de droit, ne peut pas partir en master recherche d’astrophysique ! Cependant un examen précis de matière voisine montre parfois des taux de qualification sensiblement différents. Mais la qualification n’est qu’un laisser-passer. Elle ne signifie pas que vous allez avoir un poste. En fait pour certaines sections la procédure de qualification laisse passer le nombre idéal de candidats vis-à-vis du nombre de postes, alors que d’autres qualifient sans se poser la question des postes qui seront ouverts. Mais avant cela, il faut s’arreter rapidement sur un détail : l’évaporation !


L’évaporation.


Ce que le ministère appelle l’évaporation, c’est la taux de docteurs qualifiés qui finalement ne se présentent pas à la campagne de recrutement. La raison ? Ils trouvent du travail plus intéressant et/ou mieux rémunéré ailleurs. Ils ont généralement poser leur dossier de qualification pour se couvrir et avoir un poste de MCF dans le cas où ils n’auraient pas eu le poste qu’ils convoitaient dans le privé. Les sections les plus « touchées » par ce phénomène sont sans grande surprise dans les sections « sciences » la section 37 (météorologie, 63,3% d’évaporation) puisque Météo France recrute un grand nombre des diplômés. Les sections 65, 66, 67, 68, 69 (Biologie, physiologie, neurosciences) produisent des docteurs qui vous vous en doutez sont assez courtisés par l’industrie de la santé (production de médicaments, vaccins, etc), un peu plus de 50% d’évaporation dans ces discipline


Dans les sections « lettres », l’évaporation est moins grande (22% en moyenne). La section 20 (Anthropologie, ethnologie, préhistoire) affiche une assez forte évaporation (41,9%).La section 15 (Langues et littératures arabes chinoises, japonaises, hébraïques) permet l’évaporation dans les métiers de la diplomatie et de l’interprétariat (39,2% d’évaporation). La section 24 (Aménagement de l’espace, urbanisme) qui permet une carrière dans le domaine public des collectivités locales et autres affiche un taux de 29,7%.


Enfin les sections de « droit » sont celles ou le taux d’évaporation est le plus faible en moyenne (16,2%) avec une exception pour la section 6 (sciences de gestion) qui affiche un taux d’évaporation de 26,9% principalement dû au recrutement dans les écoles privées (HEC, ESSEC, ESC) et dans les cabinets de conseil (comptabilité, finance, marketing). On trouvera que le taux d’évaporation de ces sections est bien faible compte tenu des fortes potentialités sur le marché du travail. En fait, pour l’avoir observé parmi les collègues de ces sections dans mon université, certains ont une activité de conseil qui n’est pas incompatible avec un poste de MCF. Du coup, quand on peut avoir le beurre et l’argent du beurre… autant se présenter au recrutement de MCF.


Le ratio candidats / postes offerts


Cela parait être LE ratio important. On a bien compris que tout le monde n’était pas qualifié, qu’il y avait certains candidats qui choisissaient de poursuivre leur carrière hors de l’université. Mais combien propose-t’on de postes à ceux qui restent dans la course (chiffres de la campagne 2008) ?


Avec 109,4% la section 6 (sciences de gestion) arrive en tête. Davantage de postes que de candidats. Les sections 1 (droit public) et 2 (droit privé) suivent avec respectivement des ratio de 97,5% et 84,62%. Les sections 1 et 2, celles-là même qui qualifient le moins… Du coup cela donne envie d’aller voir du côté des sections 30 et 34 (celles qui qualifient le plus). Et effectivement on a des taux assez faibles avec seulement 18,85% pour la 30 et 25,53% pour la 34.

Du coup, on voit bien que ce ratio candidats/postes est biaisé. Il dépend énormément de la politique de qualification par la section concernée. Aussi, finalement pour avoir une vision plus large des chances de recrutement, il faut combiner le taux de qualification avec le ratio candidats/postes.


Taux de qualification * candidats/postes


Cela donne donc tout simplement le pourcentage de postes offerts par rapport au nombre de personnes ayant demandé la qualification. On pourrait affiner en prenant en compte le taux d’évaporation mais je commence à fatiguer. Je pense qu’on va déjà avoir une bonne idée !


C’est encore la section 6 (gestion) qui arrive encore en tête avec 71,74% de postes par rapport au nombre de demandes de qualification. Arrive en 2eme position la section 11 (anglais) avec 48,22% soit près d’un poste pour deux candidats à la qualification. Seule une dizaine de sections proposent un taux supérieur à 30%, ce sont les sections 12 (langues germaniques et scandinaves), 35 (structure et évolution de la terre), 26 (mathématiques appliquées), 60 (mécanique), 5 (économie), 15 (arabe, chinois, japonais, hébreu), 14 (espagnol, italien, portugais et autres langues romanes), 1 (droit public), 63 (électronique).


A l’opposé, la section 72 (epistémologie, histoire des sciences) propose trois postes à 59 candidats (3,85%).


Alors qu’est ce qu’on fait ? Est-ce que tout le monde doit s’inscrire en sciences de gestion ? L’avantage c’est que cela semble presque possible ! Vous êtes un matheux (maths ou stats) ? Feuilletez les sommaires de la revue « Journal of Finance », je pense que vous trouverez vite votre bonheur. Vous êtes plutôt passionné par l’anthropologie, l’ethnologie, la psychologie, la sémiotique ? Feuilletez « Journal of Consumer Research » et vous verrez comment ces matières sont appliquées non pas sur l’Homme mais sur le Consommateur. Votre truc c’est la musique ? la peinture ? la littérature ? « International Journal of Arts Management » vous montrera qu’effectivement, les arts aussi ca se « gère » !


Mais soucis : (1) si tout le monde part en sciences de gestion, on va se retrouver avec le même problème. Il n’y aura pas assez de place pour tout le monde… et (2) peut-être que l’aspect matérialiste ou mercantile de la chose peut vous gêner…


Pas trop de solutions donc, mais maintenant, j’espère que vous savez mieux où vous mettez les pieds.


Comme j’imagine que beaucoup ne sont pas d’accord avec cette vision, je vous dirai comme les jeun’z sur leurs blogs : lachez vos comm !!!

Par M le Prof - Publié dans : La fac et les profs
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Mercredi 30 septembre 3 30 /09 /Sep 11:26

Vendredi dernier : premier cours de l'année avec des M2 en formation continue. J'aime bien ce type de promotion, c'est plus "bigarré". On a des étudiants de tous les âges (ici en l'occurrence de 23 à 54 ans) et de tous horizons : certains sont "envoyés" par l'ANPE ou l'APEC, d'autres par leur entreprise pour les spécialiser. Il m'arrive parfois de tomber sur des connaissances car je suis originaire d'une ville (nous dirons Profville) qui n'est pas très éloignée de l'université qui m'emploie. Et cette année, je guettais donc pour savoir sur quel ancien camarade de lycée, d'armée, de fac, de sport, etc j'allais tomber. Et personne... Je fais mon cours et je les lâche. Tout le monde range ses affaires, y compris moi qui plie mon ordinateur.


Alors que je ferme mon cartable un étudiant vient me voir.


- Bonjour, vous êtes bien M. le Prof, originaire de Profville ?
- Tout à fait ! On se connaît ?
Je me suis dit ah tiens ! finalement il y en avait bien un que je n'avais pas vu !
- Pas exactement, en tout cas pas directement
- Ah bon ?
- Oui vous connaissez ma femme a priori, elle s'appelle Sophie B., elle vous envoie le bonjour !
- Olala Sophie B. !


Flashback


Sophie B. ! Ca ne me rajeunit pas... Cela avait été épisodiquement ma copine quand j'étais au lycée. Elle fréquentait un club de danse pas loin de chez moi et comme en général ses parents traînaient à venir la chercher à la sortie, elle venait chez moi les attendre. Du coup, cela avait été parfois l'occasion d'être un peu intimes, sans que toutefois cela ne fut jamais "officiel". Sauf un été où cela avait duré un petit mois... Puis nous nous étions perdus de vue car nous n’avions pas suivis du tout les mêmes études. Nous étions partis chacun dans une université différente et pas la même année (j'avais un an de plus donc j'avais quitté ma ville natale un an plus tôt qu'elle ce qui avait contribué à vraiment nous éloigner). Puis quand j'étais en licence (en L3 comme on dirait aujourd'hui !) j'étais tombé sur elle dans une soirée étudiante. On s'était aperçus qu'elle ne vivait pas très loin de mon appartement. Et pendant quelques semaines, le manège du lycée avait recommencé. Elle venait parfois chez moi, et j'allais parfois dans son appartement. Mais c'était une relation basée sur une attirance physique réciproque et sans grand chose de plus. Un jour elle m'a dit qu'elle voulait construire quelque chose avec un garçon et que ce serait plus simple pour elle si on ne se voyait plus. J'avais accepté cela sans peine car à part des moments agréables sous la couette on ne pouvait pas dire qu'on se trouvait beaucoup d'affinités.

Retour à vendredi !

Et voilà donc que j'avais devant moi son mari ! J'imaginais bien la scène pour en arriver là. Sûrement le midi à table :


"Chérie ce soir je rentre tard j'ai mon premier cours à la fac !
- Ok pas de souci, c'est un cours de quoi ?
- Je sais pas trop... le prof est un dénommé M le Prof...
- C'est vrai ? Je le connais ! Demande lui s'il est de Profville. Si c'est le cas envoie lui le bonjour, je pense qu'il se souviendra de moi.."


Enfin, cela s'était peut-être passé autrement... En tout cas, le fait est que je l'avais là devant moi qui m'envoyait le bonjour de sa femme sans savoir je suis sûr la nature de ma relation avec elle. Ou pas...


- Sophie B. ! Ca fait longtemps dites donc ! Je ne l’ai pas revu depuis une éternité. Qu'est ce qu'elle devient ?
- Nous avons trois enfants, et nous n’habitons pas très loin d'ici : en banlieue. Elle a arrêté de travailler pour le dernier, elle a pris un congé parental.
- Ben ça alors ! Ca rajeunit pas ! Je me rappelle la dernière fois que je l'ai vue. Elle habitait rue Jean Jaures ou rue foch je me souviens plus très bien.
- Oui c'est ça ! C'était chez moi, c'était notre premier appart, on s'était installés là juste après notre mariage le temps de trouver un peu plus grand.
- Ah d'accord !!!


Eh oui ! Quand on s'est revus à l'époque, elle était mariée. Elle ne me l'a jamais dit, elle m'amenait chez elle comme si de rien n'était. Et là j'avais son mari devant moi qui était déjà son mari à l'époque et probablement le fameux "garçon avec qui elle voulait construire quelque chose". Et elle m'envoyait le bonjour à travers lui en se doutant sûrement que j'allais enfin tout comprendre. Je n’en revenais pas. Mais pourtant à l'époque, jamais je n'ai eu l'impression qu'elle stressait de le voir débarquer. Je n'y restais en général que deux ou trois heures, mais quand même ! Souvent en soirée. Il fallait que j'en sache un peu plus :


- On aurait pu se croiser, j'étais allé boire un verre chez vous une fois je me souviens. Mais je n'ai pas le souvenir de vous avoir rencontré. Non ?
- Non j'étais rarement là, la semaine, mon entreprise dans laquelle j'étais déjà m'envoyait beaucoup en mission à l'étranger. On avait cet appartement surtout pour elle car il n'était pas trop loin de sa fac, mais moi j'étais plus souvent à l'hôtel qu'à l'appart.
- Ah ! Il me semblait bien ne pas vous avoir déjà rencontré car en général je me souviens bien des visages
 (Ca c'était sur ! si on s'était rencontrés quand j'étais chez lui on ne serait pas là entrain de se faire des mondanités !). Ben c'est super, ça me fait très plaisir d'avoir des nouvelles de Sophie. Vous lui passerez le bonjour également. Bonne soirée.


J'ai passé la soirée ahuri, effaré du culot de cette Sophie qui d'une part m'a emmené dans son lit a plusieurs reprises sans me dire qu'elle ne vivait pas seule et d'autre part des années après m'envoie le bonjour par le même homme qui partageait sa vie à l'époque...


Le lendemain, samedi, j'avais un e-mail de la fameuse Sophie B. qui me dit que c'est dingue qu'on se retrouve dans cette situation. Elle me dit qu'elle ne savait pas du tout que j'étais devenu prof de fac et qu'elle n'avait jamais eu aucune nouvelle de moi depuis toutes ces années. Et finalement me propose de déjeuner ensemble un de ces jours...


J'ai gentiment décliné.

Par M le Prof - Publié dans : Les cours et les étudiants
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Lundi 28 septembre 1 28 /09 /Sep 12:28

Pas de billets la semaine dernière pour cause d'immersion dans les dédales de la rentrée universitaire : plannings, composition des groupes de TD, etc. Je prie donc les fidèles lecteurs de ce blog de m'excuser. Pour me faire pardonner un billet dans la droite ligne de l'intention de ce blog : vous présenter l'envers du décor de l'université.


Avant de lire ces lignes, je tiens à préciser que toute ressemblance avec des comportements ou personnes de la vie réelle est purement fortuite et que si jamais par hasard, un membre de mon labo m'ayant reconnu vient à lire ce billet, qu'il ne pense surtout pas que je vise quelqu'un en particulier ! Ceci est juste une espèce de "tutorial" pour Doodle. C'est tout !

Enfin, je ne voudrai pas que l'on pense que les comportements que je décris ci-après sont légion. Je pense qu'en grande majorité, l'activité de recherche est soutenue par des personnes très motivée (et heureusement !), mais il arrive que certains jouent moins le jeu. Le souci, c'est que ce sont ceux-là qu'on remarque toujours... Bonne lecture...


Réunions !


La semaine dernière donc, la rentrée avec la vie qui reprend à l'université à tous les niveaux. Administratif : vérification des listes d'inscrits, composition des groupes de TD, liste des intervenants, etc etc. Pédagogique : reprise des cours, constitution de mon planning, réservation de salles, etc. Et recherche : retour de commentaires sur des articles et communication, réunion d'équipe...

La réunion d'équipe c'est un peu une figure imposée sur laquelle je reviendrai car ce dont j'ai envie de parler aujourd'hui c'est sur l'utilisation de l'outil informatique pour - normalement - simplifier un des soucis inhérents et récurrents de la réunionite : quand est ce qu'on fait la réunion ?


Pendant des années, j'ai assisté à des discussions interminables en fin de réunion :


chef : on la met jeudi 23 ?
bruno: eh non je suis pas là le 23
chef : ah bon.. le 25 ?
kevin : je suis pas là
marie : moi non plus...
chef : le 02 ?
tous : ben non il y a le super congrès de Londres, on est plein à y aller !



Et ainsi de suite, jusqu'à ce que finalement soit (1) on trouve une date assez lointaine, (2) on reporte la discussion en disant qu'on traitera cela par e-mail et ca débouche sur une date lointaine. Alors je suis conscient que cela ne doit pas se passer comme cela dans toutes les équipes, mais j'ai fréquenté trois labos, avec des spécialités assez différentes (sciences dures, humaines puis sociales). C'était partout pareil ! Résultat, alors qu'il me semble qu'une ou deux réunions par mois seraient nécessaires pour maintenir cohésion et efforts, on peine certaines années à en faire une par trimestre...


Et puis est arrivé Doodle !


Doodle pour ceux qui ne connaissent pas, c'est un outil, qui utilisé dans le cadre de planification de réunion, semble être l'outil absolu pour régler les problèmes dont je viens de parler. En deux mots, la personne à l'origine de la réunion fait une liste de moments possibles pour la réunion, et chaque chercheur déclare pour chacun de ces moments s'il peut (1) ou s'il ne peut pas (0). Une fois que chaque membre de l'équipe s'est déclaré. On fait le compte et on prend le jour qui totalise le plus de présents.

Exemple :


  lundi mardi mercredi
Chef 1 1 1
Simon 0 1 1
Lucie 1 1 0
Kevin 0 1 0
Marie 0 1 1
Bruno 1 0 1
Total 3 5 4


La réunion sera donc fixée au mardi car dans ce cas il y aura 5 membres de l'équipe présents. (les prénoms ont été choisis uniquement parce qu'ils font 5 lettres ce qui facilite l'alignement)


Doodle parfois c'est pas gentil !


Ceci est un premier point qui est très intéressant. C'est le nombre qui l'emporte ! Dans les réunions, et dans l'exemple que j'ai donné en haut, quand Bruno dit "je ne suis pas là". C'est très délicat pour le "chef" de dire. "Ben ce n'est pas grave, on fera sans toi car tous les autres sont là". Et effectivement si le "chef" répondait cela, Bruno pourrait dire : "oui bien sûr mais si on avait pris un autre jour, c'est peut être uniquement Kevin qui n'aurait pas été là. Alors pourquoi moi et pas lui ?". Car effectivement pour bien faire, il faudrait que le chef aille se mettre au tableau et pour être démocratique fasse ce que fait doodle, à savoir un comptage par jour... Ce n'est jamais fait, en tout cas je n'ai jamais vu. Du coup, Doodle va justifier pour tout le monde qu'on fasse la réunion sans Bruno parce qu'on voit que sur tous les moments possibles, c'est le jour où il n'y a pas Bruno qu'il y a le plus de monde. Tout le monde peut dormir tranquille.

Mais ceci n'est pas si simple...


Dans une grande équipe, il y a parfois des inimitiés et on peut assister parfois à des stratégies. Admettons - mais ceci est purement théorique - que pour X raisons (Bruno a publié sur le sujet de Marie sans lui en parler ou sans lui proposer de travailler avec, ou encore Bruno, responsable de formation a pris des heures à marie pour les donner à Lucie, etc etc)... Pour X raisons donc, Marie n'apprécie vraiment pas Bruno. Autre élément, Kevin est un ami fidèle de Marie dont il partage le bureau. Lucie est plutot amie avec Bruno et le chef. Simon pour sa part est plutot neutre. Ce qu'il peut se passer c'est ça :


le chef propose lundi mardi mercredi et se met présent partout puis que c'est lui qui propose

Chef 1 1 1

Puis il envoie un mail à toute l'équipe

Bruno se positionne d'après ses disponibilités

Bruno 1 0 1

Lucie se positionne d'après les siennes

Lucie 1 1 0

Et finalement on a Kevin et Marie qui arrivent et qui se mettent - exprès - disponibles uniquement le jour où Bruno ne peut pas

Marie 0 1 0
Kevin 0 1 0

Quoique fasse Simon, la réunion aura lieu le jour où Bruno n'est pas là !


C'est pas gentil ça hein ? C'est pourtant que cela fonctionne parfois... Alors heureusement je ne l'ai vu que dans une équipe. Mais quand même !


Mais Doodle c'est aussi ludique !


Doodle ca peut aussi être un vrai jeu, si on a un peu d'humour et d'espièglerie (oui oui comme au pays de Candy) et surtout que la recherche c'est pas trop votre truc et que c'est mieux de faire plein d'heures sup pour se payer de super week end. Chacun a ses habitudes dans la semaine. Il y en a qui aiment bien avec leur lundi matin de libre, d'autres aiment bien se préparer mentalement à leur week end dès le vendredi, et enfin, tous ceux qui ont des enfants en age d'avoir des activités sportives ou culturelles qui nécessitent un chauffeur, ceux là aiment bien disparaitre le mercredi...

Mais comment faire pour que cela ne se voit pas ? La solution : compter sur les autres. En fait, l'idée c'est de se positionner le premier sur doodle.


Admettons qu'on ait juste le choix sur des journées complètes (ca va simplifier). Le chef fait un doodle avec lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi


Admettons (je dis bien admettons ! et encore une fois je ne vise personne ceci est juste une illustration) que la recherche, ben il n'y a rien à faire... j'ai fait une croix dessus. J'y croyais au début, mais on a refusé quelques uns de mes travaux dans les fameuses revues classées, et je n'ai pas eu le courage de me remettre en question. J'ai donc abandonné... Mais en même temps sur ma feuille de salaire il y a écrit "enseignant-chercheur", alors quand même, je peux pas dire à mes collègues "débrouillez vous sans moi, je ne suis pas chercheur finalement", surtout qu'avec tout ce qu'on dit à la télé, il ne faudrait pas que je me retrouve à être payé moins ! Donc je vais à cette satanée réunion pour qu'on me voit ! Cependant, hors de question de renoncer à mon lundi matin et à mon vendredi apres-midi. Ca compte week end. Le mercredi j'ai les enfants au sport... Donc il ne me reste que mardi et jeudi. En outre mardi j'ai 11h de cours... Ne reste que jeudi


Vous remarquez que si je ne mets que je suis dispo uniquement jeudi, ca va se voir ! Donc l'idée est de se positionner avant tout le monde. Je me mets disponible tous les jours sauf mardi. Quelle drôle d'idée allez vous me dire... Et bien non, par expérience je sais que dans l'équipe (admettons que nous sommes 10 ca fait un chiffre rond), il y en a au moins trois qui amènent les gamins au sport ou ailleurs le mercredi apres midi et qui décollent dès qu'ils peuvent. Donc je peux me mettre dispo le mercredi, il y en a 3 qui sont pas là, ca pourra pas être le mercredi. C'est pareil pour le lundi et le vendredi. Il y en aura toujours qui se mettront non disponible le lundi et le vendredi. Essayez c'est magique... Peut-être que ce sont des jours où il y a davantage de cours ou de problèmes administratifs. En tout cas. Les lundi, mercredi et vendredi, vous pouvez compter sur les autres pour les faire sauter. Résultat vous n'avez de choix véritable qu'entre le jeudi et le mardi. Donc autant se mettre dispo partout sauf le mardi. Même si la réunion tombe finalement le mardi et que vous ne pouvez pas y aller, on se dira que c'est vraiment le hasard que vous n'ayez pas pu participer à cette réunion...


Le problème - et ceux qui se demandent pourquoi j'ai mis ce titre à mon billet vont enfin savoir pourquoi ! - c'est que si tout le monde fait le même calcul, cela ne peut pas fonctionner. Cela ne marche que si on anticipe les actions des autres, et que eux agissent "naturellement" sans essayer d'anticiper les actions des autres également. Si vous ne connaissez pas l'histoire du Roi Salomon, la voici en deux mots. Deux femmes se disputent pour avoir la garde d'un enfant. Ne parvenant pas à s'entendre, elles vont demander au Roi de résoudre le conflit. Le Roi, dans sa grande sagesse, dit "amenez moi une épée, je le coupe en deux, chacune part avec la moitié". Une des deux femmes horrifiée dit "non le pauvre, je préfère qu'il reste en vie, même s'il n'est pas avec moi". Le Roi, reconnaissant là les qualités d'une mère, lui donne l'enfant. On voit que si la deuxième femme avait compris la subtilité de la réponse de Salomon, elle aurait surement dit la même chose que la première. Si toutes les deux avaient dit la même chose, cela aurait été compliqué. Pour Doodle, c'est pareil, si tout le monde fait le calcul que j'ai fait plus haut... Il n'y aura plus que des réunions le lundi, le mercredi ou le vendredi !


Prochain billet une anecdote assez étonnante qui m'est arrivée vendredi dernier et qui me laisse encore perplexe aujourd'hui !

Par M le Prof - Publié dans : La fac et les profs
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Mardi 15 septembre 2 15 /09 /Sep 13:18

Ca y est ! Ce coup-ci pour moi c'était la vraie rentrée. L'entrée dans la salle, les nouvelles têtes, l'odeur de la peinture qui a été refaite et des salles propres que personne n'a visité depuis quelques semaines.


Pour moi la rentrée, depuis tout petit, cela a toujours été une expérience d'odeurs. Quand j'y pense, c'est toujours ce qui me revient en premier. L'ouverture pour la première fois d'un livre c'était magique et je mettais toujours mon nez au creux des pages pour sentir la colle et le papier, l'odeur des crayons à papier que j'appointais, de la gomme à effacer, de la colle blanche, l'odeur des protèges cahiers plastifiés neufs que ma mère avaient posés sur mes cahiers. Tout cela me revient avec force quand je songe à toutes ces années à l'école, au collège, au lycée et à la fac (ma mère a quand même vite arrêté de me mettre des protège-cahiers !). Et de sentir l'odeur de la peinture en rentrant dans la salle ce matin, cela m'a rappelé ces souvenirs avec nostalgie. C'était comme... oui oui elle-même !! la madeleine de Proust ! J'en parle parce qu'au passage j'en ai marre de cette madeleine de Proust ! Pas un qui soit foutu de parler de ses souvenirs évoqués par un détail sans faire référence à la madeleine de Proust. Même moi finalement... Je suis toujours à lire au détour d'un livre, d'un essai, d'un article un souvenir qui finit toujours dans la tasse de thé avec cette p... de madeleine ! Enfin, trève d'énervement inutile. Car que ce soit la madeleine ou la peinture, il y a quelque chose de nostalgique qui vient ensuite me rappeler que tous ces bons souvenirs sont assez loins aujourd'hui...

Les jeunes ce sont eux. Les étudiants. Ce matin, j'ai encore remarqué qu'ils étaient encore plus jeunes que l'an dernier. Comme tous les ans ! Pourtant, leur dossier est là pour me rappeler qu'ils ont le même âge que ceux de l'an dernier, et ceux de l'année d'avant. Ils ont toujours une vingtaine d'années. Tous les ans ! Ils ne vieillissent jamais. Il n'y a que leur date de naissance qui change 1987, 1988, 1989, 1990 ! Ils sont nés j'étais au lycée ! Bientôt ils naîtront quand j'étais à la fac et dans plus longtemps encore ils naîtront alors que j'étais déjà enseignant-chercheur. Ils ont tout le temps le même âge et moi chaque année j'ai un an de plus...


Bientôt ils ne remarqueront plus mes vannes cachées sur les Simpson ou Mulder & Scully de X-Files. Ca fait déjà longtemps que j'ai arrêté de faire des références à Alerte à Malibu, 21st Jump Street, Dawson ou même Friends. Aujourd'hui pour être compris par des référents culturels communs, il faut connaitre South Park, Ugly Betty, How i met your mother ou Gossip Girl... J'ai remarqué que parmi mes étudiants, la plupart ignoraient qui étaient Steve Austin et l'ignoble JR ! Tout se perd...


Mais il faut voir le bon côté des choses. J'ai en face de moi un public immuable, qui a toujours le même âge, qui change parfois de coiffure ou de style vestimentaire, de façon de parler et d'écrire. Mais quelque part il est immortel et me donne parfois l'impression que je le suis aussi.

Par M le Prof - Publié dans : Les cours et les étudiants
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Jeudi 10 septembre 4 10 /09 /Sep 08:45

En cette période de rentrée, c'est le moment de faire un tour au pressing pour faire nettoyer la panoplie... J'ai amené mes costumes à nettoyer car pour aller à la fac je n'ai que ça. Je n'ai aucune pression de mes collègues là-dessus. D'ailleurs certains y vont en jean t-shirt. C’est juste un choix…


Je trouve que le costume est un bon moyen de mettre une barrière entre les étudiants et l'enseignant. Alors certains vont me dire : pourquoi devrait-il y avoir une barrière ? Je ne dis pas qu'il en faut une, mais moi j'en ai besoin. C'est un peu pour moi comme un costume de théâtre, d'ailleurs j'ajoute à ma panoplie des lunettes dont je n'ai pas forcément besoin non plus. Alors d'après mon ophtalmo j'en ai besoin, mais je ne les mets qu'à la fac, jamais chez moi, je trouve cela plutôt encombrant.


On se plaint souvent d'être vus par les étudiants comme étant des machines à enseigner et que pour eux, imaginer le prof ayant une vraie vie autre que purement intellectuelle (avoir une vie sexuelle, aller aux toilettes, se doucher, faire du sport, etc) est un vrai effort et n'est pas du tout naturel. Pour ma part cela me va très bien et le costume et les lunettes me permettent de disparaître totalement derrière ma fonction. La plupart des tenues décontractées véhiculent trop de sens (sport, bcbg ou comme on dit maintenant "preppy", ringard, branché, etc). Je n'aime pas m'ouvrir aux étudiants, j'aime garder ma vie, ma personnalité chez moi. En cours, je transmet de l'information, de la connaissance, de la méthode. certes avec mon style, mon point de vue, mais je ne veux transmettre que du contenu lié au cours. Et le costume pour cela, me parait parfait. Un costume c'est neutre, je peux me cacher dedans, je suis en uniforme, je suis le prof !


J'ai également remarqué (mais c'est totalement intuitif et il me faudrait faire une vraie expérience pour confirmer) que les étudiants étaient plus calmes en cours, davantage disciplinés quand j'étais en costume plutôt que dans une tenue plus décontractée. Du coup, on pourrait dire que l'habit fait le moine. Les lunettes participent aussi à ce fait je pense. D'ailleurs en parlant de moine, c'est pour eux qu'on été monté les premières lunettes de vue. D'ailleurs (voir commentaires) presbyte et presbytère viendraient d'une racine commune faisant référence à la vieillesse (presbyte : vieillissement de l'oeil et presbytère venant du prêtre, le sage, le vieux qui sait en d'autres termes).

Enfin quoiqu'il en soit ce costume au départ, je veux dire dans mes premières années d'enseignement, je ne l'ai pas vraiment choisi par goût, par style, ou par le fruit d'une réflexion intense... j'en ai eu besoin, tout comme les lunettes, pour faire plus sage (ou plus vieux c'est selon).

C'était mon premier cours magistral et ma première intervention tout simplement. Jamais un TD rien, je n’avais jamais été confronté à une assemblée sauf pour raconter une blague dans un mariage ou lire un texte lors d’un baptême... Les étudiants étaient des deuxième années de l'université. Ce n'était pas une très grosse promo. Une centaine d'étudiants tout au plus. Pour ma part j'avais 26 ans, je démarrais ma thèse, je n'étais pas encore maître de conférences. Je m'habillais la plupart du temps en jean's, baskets et polo, je ne portais pas de lunettes. C'était le début de l'année. Les étudiants eux-mêmes ne se connaissaient pas trop bien entre eux. Je suis entré dans la salle par le fond. J'ai traversé toute la salle en passant par la rangée du milieu, passant au milieu des étudiants qui discutaient entre eux, par petits groupes. Je suis arrivé au bureau qui était sur une petite estrade. Je suis monté. J'ai posé mon sac sur le bureau et je me suis assis sur un coin du bureau pour contempler la salle en me demandant bien comment j'allais m'y prendre pour les faire taire et démarrer mon cours. Aucun ne semblait faire attention à moi et les discussions sur les activités des vacances d'été qui venaient à peine de se terminer allaient bon train. Je suis resté là à les observer une minute ou deux, puis prenant mon courage à deux mains je m'adresse à la salle en disant :


"Bonjour !"


Rien...


C'est bien beau de nous former à la recherche, mais niveau pédagogie on a pas une heure de préparation. On se retrouve posé dans une salle ou un amphi et il faut se débrouiller... Je connaissais à l’époque un thésard qui était incapable d’aller en cours sans que sa sœur soit présente pour l’accompagner et le rassurer. Le pauvre. J’en étais quand même pas là ! Je retente :


"Bonjour, on commence ?"


Et là, un groupe qui m'a entendu s'arrête de parler, me regarde et l'un d'eux me lance :


"Arrête tes conneries ! Si le prof rentre tu vas te faire virer !"


Il a donc fallu que j'explique que c'était bien moi le prof et qu'il fallait se mettre au travail. J'ai dès lors acheté un costume et des lunettes qui me paraissaient tout à fait adaptés à ma situation. Et depuis, cette aventure ne s'est jamais reproduite. Aujourd'hui, une bonne dizaine d'années plus tard je n'ai plus besoin du costume et des lunettes pour afficher mon statut. La différence d'âge avec les étudiants s'en charge...

Par M le Prof - Publié dans : Les cours et les étudiants
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